Le mercredi 3 juin et le mercredi 10 juin, au collège La Guyonnerie à Bures/Yvette, des fenêtres sont tombées sur des personnels qui tentaient de les ouvrir. Ces deux accidents similaires ont eu lieu alors que la FSU ne cesse d’interpeller le Conseil Départemental sur l’état catastrophique du bâti dans les collèges dont il a pourtant la charge. Retrouvez dans cet article toutes nos analyses.

La FSU demande avec insistance, depuis plusieurs années, la tenue d’un groupe de travail de la F3SCT spécifique sur le bâti scolaire, en présence du Conseil Départemental, pour que l’employeur – responsable de la santé et de la sécurité de ses personnels – et la collectivité – responsable du bâti – puissent répondre ensemble à leurs obligations, sans se défausser. Aucune réponse n’a été donnée à cette demande, qui a pourtant été reformulée très récemment lors du GT CDEN qui a eu lieu le lundi 8 juin dernier (voir notre compte-rendu). La FSU a exigé aussi, lors de cette instance de dialogue social, un état des lieux clair sur les établissements ainsi qu’une feuille de route sur l’adaptation du bâti pour faire face au dérèglement climatique, à court, moyen et long terme.

La situation du collège La Guyonnerie à Bures/Yvette a éclairé de façon criante les échanges particulièrement tendus qui ont eu lieu ce jour-là, en instance. Quelques jours auparavant, en effet, une fenêtre était tombée sur une enseignante et un élève. Cet accident – fort heureusement sans gravité pour les personnes impliquées – avait donné lieu à un signalement dans le registre SST et à une vérification par une entreprise de l’ensemble des fenêtres de l’établissement. Cette vérification avait entraîné la condamnation de certaines d’entre elles qui menaçaient également de tomber. Quelle ne fut pas la surprise des personnels quand à peine une semaine après, une autre fenêtre – pourtant vérifiée par l’entreprise et jugée correcte – est à nouveau tombée sur un membre de l’équipe de direction ! Ce double accident est la scandaleuse illustration de l’état du bâti dans bon nombre de collèges de l’Essonne qui, non seulement, ne permettent plus un accueil digne des élèves, mais aussi n’assurent plus la sécurité des personnels qui y travaillent au quotidien.

C’est donc à cette date une nouvelle procédure qui s’est enclenchée, avec un signalement dans le registre DGI. Tout signalement dans ce registre donne lieu à un déplacement d’un.e membre de la F3SCT dans l’établissement concerné, pour que le DGI soit effectivement constaté. C’est une membre FSU de l’instance qui s’est rendue sur les lieux le jeudi 11 juin dès l’ouverture du collège. Le constat est sans appel. La menace est telle que la cheffe d’établissement a dû à juste titre mettre en place des mesures drastiques et immédiates de protection qui passent, entre autres, par la condamnation de l’ensemble des fenêtres des salles de classe. Au mois de juin, autant dire que le premier danger grave et imminent en entraîne irrémédiablement un second d’un tout autre ordre : au regard des risques caniculaires qui pèsent sur notre département pour la prochaine semaine, l’absence de ventilation dans les lieux de travail constitue un véritable danger pour la santé des personnels. Une CHS a eu lieu au collège le vendredi 12 juin après-midi. Les représentants des parents d’élèves s’associent aux revendications des personnels qui alertent sur les conditions de travail et d’apprentissage inacceptables.

Le Conseil Départemental avoue ne pas pouvoir remédier à la situation dans l’immédiat et s’est engagé à changer la moitié des fenêtres pendant les congés d’été. La DSDEN, alertée sur la situation dès le premier accident, tarde encore à proposer une réorganisation du travail. L’Inspectrice Santé et Sécurité au Travail a pourtant récemment rappelé à l’employeur, concernant une autre situation de bâti dégradé, les préconisations suivantes.

« Dans un contexte où la responsabilité de l’entretien des bâtiments scolaires relève de la collectivité territoriale, il est recommandé à l’administration, en tant qu’employeur, de :

1. Réaffirmer sa responsabilité pleine et entière en matière de santé et sécurité des agents, indépendamment de la répartition des compétences matérielles ou budgétaires avec les collectivités.
2. Renforcer et formaliser le dialogue avec les collectivités territoriales (courriers d’alerte, réunions de suivi, relances écrites), afin de documenter les démarches engagées pour garantir des conditions de travail sûres.
3. Mettre en œuvre, dans l’attente de travaux pérennes, des mesures provisoires et concrètes pour assurer la sécurité des personnels : aménagements organisationnels, contrôles renforcés, restriction d’accès à certaines zones, mobilisation des budgets d’urgence si disponibles.
4. Assurer une traçabilité rigoureuse des alertes, des réponses apportées et des mesures engagées, afin de répondre à ses obligations légales en cas d’accident ou de mise en cause de l’employeur. »

La FSU invite donc les personnels du collège La Guyonnerie à la plus grande vigilance et à la plus grande prudence : aucun d’entre eux ne doit mettre en danger sa santé en acceptant de travailler dans des conditions intenables ! La FSU encourage toutes et tous à procéder à un relevé régulier de la température dans les salles non ventilées et à exercer individuellement leur droit de retrait si les conditions nécessaires au travail en classe ne sont pas réunies. La FSU se tiendra aux côtés des collègues enseignants jusqu’à la fin de l’année pour exiger de la DSDEN qu’elle mette en place une réorganisation du travail susceptible de garantir la santé et la sécurité de toutes et tous.