La nouvelle vague de très fortes chaleurs qui touche l’Hexagone depuis mercredi dernier fait une nouvelle fois apparaître l’impréparation manifeste de l’Éducation nationale face aux épisodes caniculaires. Aucune organisation n’est pensée pour faire face aux pics de chaleur. Cette fin d’année se déroule dans des conditions particulièrement éprouvantes. L’épuisement et la colère grandissent chez tous les personnels. Alors que le Ministère de l’Education Nationale s’obstine dans une logique de renvoi au local, alors qu’au local la Dasen renvoie la responsabilité sur les collectivités territoriales propriétaires du bâti, la FSU exige que des mesures soient mises en place nationalement, et interpelle l’Administration, à tous les niveaux, pour que des décisions soient prises préservant la santé de toutes et tous, pour que des consignes claires soient adressées aux personnels d’encadrement, et pour exiger une communication en direction de l’ensemble des personnels. Face à l’improvisation permanente, face à des conditions de travail inacceptables qui peuvent aussi avoir des conséquences sur leur santé, la FSU appelle les personnels à se mobiliser, pour faire valoir leurs droits dans les écoles, les établissements et les services.

Depuis ce week-end, à l’annonce du passage de notre département en vigilance rouge pour la canicule, la Dasen a recommandé aux chefs de service de contacter les familles et de les inviter à garder leurs enfants au domicile quand cela est possible, afin de faire baisser le nombre de personnes dans les écoles et les établissements. Cette réorganisation a pour objectif de permettre au service public de fonctionner en mode dégradé, dans les salles les moins chaudes, autour d’un accueil d’un nombre réduit d’élèves, avec des personnels présents en nombre réduit. Tous les personnels en difficultés pour se rendre en transports sur leurs lieux de travail, ou contraints de garder leurs enfants au domicile, ou en situation de vulnérabilité, doivent être autorisés à rester chez eux. Tous les cours, toutes les réunions doivent se tenir en distanciel. Les épreuves de baccalauréat devraient par ailleurs se dérouler le matin et être reportées l’après-midi, uniquement si les locaux ne permettent pas de les tenir. Aucune information n’a été donnée en Ile-de-France pour le moment. Le SNES-FSU interpelle le SIEC et les Rectorats d’Ile-de-France pour connaître les décisions prises. Si ces organisations n’ont pas été mises en place dans votre école, votre établissement ou votre centre d’examen, vous êtes en droit de signaler la situation individuellement et collectivement.

Concernant les personnels vulnérables, le circuit d’information pour obtenir dans les règles une Autorisation Spéciale d’Absence (ASA) n’est pas encore officiellement mis en place par notre employeur. En attendant que la procédure soit communiquée, nous vous conseillons d’écrire un même mail aux médecins de prévention (ce.ia91.medecinsdespersonnels@ac-versailles.fr), aux conseillères de prévention (ce.conseillerprevention91@ac-versailles.fr) et à votre supérieur (soit IEN pour le 1er degré, soit chef d’établissement pour le 2nd degré, soit chef de service pour les autres personnels), afin de signaler votre vulnérabilité face aux fortes chaleurs. Pensez à mettre le syndicat de la FSU dont vous dépendez ou la FSU 91 en copie, pour qu’une intervention syndicale soit faite dans les meilleurs délais.

Nous souhaitons par ailleurs attirer votre attention sur les lieux de travail les plus éprouvants dans les écoles et les établissements. Parce qu’il est essentiel que les personnels – quel que soit leur employeur – continuent de veiller les uns sur les autres, nous invitons tous les personnels Education Nationale à prendre des nouvelles régulièrement des agent.es territoriaux qui œuvrent quotidiennement au bon fonctionnement des services de restauration et qui souffrent particulièrement des températures et de l’absence de ventilation sur les lieux où ils et elles exercent, et en particulier dans les salles de plonge. Les communes, le département et la région ne doivent pas se soustraire à leurs obligations de garantir la santé et la sécurité de leurs personnels. En cas de difficultés ou de danger, les agent.es territoriaux disposent des mêmes outils de signalement que les personnels de l’Education Nationale. Il est impératif de s’en emparer et de les utiliser. C’est par le rapport de force et la solidarité que nous pourrons toutes et tous améliorer nos conditions de travail !

Pour construire la mobilisation, vous pouvez :

  • Consulter notre compte-rendu de la F3SCT qui s’est tenue à la DSDEN le 18 juin 2026
  • Remplir le registre SST ou le registre DGI, selon la situation. Attention, le DGI ne doit être rempli qu’une fois que le constat est fait qu’aucun lieu de travail de l’école ou de l’établissement ne peut être utilisé !
  • Contacter les membres FSU de la F3SCT via leur boîte académique :
    • Pour le 1er degré : Sandrine BATY, Carole TIMPANI, Ludovic NOUVEAU, Daphné PACITTI
    • Pour le 2nd degré : Yelena SUSIC, Sylvain MESTDAGH, Fabien DAUBRESSE, Nadia SLIMANI
  • Compléter notre carte des températures extrêmes en nous envoyant à l’adresse fsu91@fsu.fr vos relevés de températures en indiquant la date, le nom de l’école ou de l’établissement, l’heure et le lieu (salle de classe, CDI, salle de plonge, etc.) de la prise de mesure.
  • Signer et faire signer la pétition dont le lien figure ici et sur le visuel ci-dessous.

Le collectif Alliance Ecologique et Sociale (AES) a lancé en juin 2025 la campagne nationale « Pour une école bien dans ses murs. » AES est un collectif de syndicats et d’associations initié en 2020 d’abord sous l’appellation Plus Jamais ça, au moment de la crise Covid, pour proposer un programme de rupture qui allierait écologie et justice sociale. Le but de la campagne de rénovation du bâti scolaire : de cette campagne est d’exiger la rénovation thermique des écoles, de la maternelle à l’université. La FSU, SUD éducation et la CGT éduc’action y ont participé aux côtés de Greenpeace France, Les Amis de la Terre et Oxfam France. Lancée auprès de tous.tes les collègues, une enquête a permis d’objectiver et de visibiliser les conditions d’apprentissage et de travail dans le premier degré, le second degré et à l’université. Ce n’est qu’en repensant le bâti scolaire que nous pourrons collectivement porter et améliorer nos conditions de travail dans les épisodes météorologiques extrêmes. L’AES 91 continue cette campagne en lançant une pétition à l’attention des élu.es pour les interpeller sur cette question essentielle. Soyons nombreuses et nombreux à la signer !