Chaque année, début juillet, a lieu un groupe de travail qui réunit à la DSDEN les représentants des personnels pour que leur soient présentés les derniers ajustements de préparation de rentrée. Ces ajustements concernent les ouvertures et fermetures de divisions et de dispositifs dans le 2nd degré, mais aussi les ajustements en moyens provisoires de CPE répartis sur quelques établissements. Cette réunion ne donne lieu à aucun vote, mais a toute son importance parce qu’elle met en lumière les difficultés de notre département sous tension. Découvrez dans cet article notre compte-rendu détaillé.
Le groupe de travail d’ajustement des DGH s’est tenu le jeudi 2 juillet à 9h15.
La DSDEN a présenté les ouvertures et les fermetures de divisions, notamment en raison de l’évolution des prévisions d’effectifs. Les conséquences de telles décisions peuvent être problématiques :
• augmentation des effectifs sur le reste du niveau lorsqu’une classe est fermée, retrait d’heures impactant le financement de dispositifs d’aide, de demi-groupes, bouleversement des services des enseignants ;
• ouverture de division supplémentaire avec un abondement de dotation insuffisant, recours accru aux heures supplémentaires imposées…
Alors que les effectifs ne cessent d’augmenter et les conditions de travail de se dégrader, il n’est pas acceptable que des ajustements de DGH de dernière minute viennent remettre en question les organisations décidées par les équipes ou fragilisent les établissements. Le SNES, avec la FSU, demande au contraire depuis de longs mois que des moyens exceptionnels soient débloqués pour faire face à la crise que connaît l’Ecole.
En collège :
Sur l’ensemble du département, c’est 16 divisions qui ouvrent et 14 qui ferment. Dans l’Essonne, les mouvements de population et par conséquent les prévisions d’effectifs sont de plus en plus difficiles à prévoir.
Pour chaque ouverture, la DSDEN dote les établissements, pour la troisième année consécutive, comme à l’initiale (28h pour une classe de 6ème, 29h pour les autres classes). C’est une bonne nouvelle et un soulagement dans le contexte de tension que nous connaissons. Quant aux fermetures, les établissements doivent rendre 25h si la classe fermée est une 6è et 26h si la classe fermée est sur un des trois autres niveaux : cette année, les 3h de marge sont laissées au collège pour fonctionner de façon plus souple dans ce contexte de fermeture. Ces ouvertures et ces fermetures représentent une difficulté pour les établissements, parce qu’elles impliquent de revoir entièrement et au dernier moment les répartitions de service et qu’elles peuvent mettre en péril certaines organisations, en faisant peser sur des collègues des classes ou des heures supplémentaires.
Si votre établissement est concerné par une ouverture ou une fermeture, contactez sans tarder le SNES-FSU 91 à l’adresse snes91@versailles.snes.edu.
En lycée :
Pour les lycées, on ouvre 10,5 divisions, et nulle part il n’est fermé de classe.
Notons pour les ouvertures plusieurs aberrations. Ouvrent en effet comme chaque année des 2ndes Avenir dans cinq établissements du département (au lycée Ader, au lycée Brassens, au lycée Jean Perrin, au lycée Perret et au lycée Langevin) pour accueillir des élèves sans affectation en voie professionnelle et à qui on propose une 2nde professionnelle indifférenciée destinée à leur trouver une orientation en adéquation non pas avec leurs souhaits mais bien avec les besoins économiques du bassin d’emploi. La DSDEN, au lieu d’ouvrir davantage de places dans les filières professionnelles fortement demandées, préfère financer des classes qui s’ajoutent en heures supplémentaires aux services d’enseignants déjà surchargés et aux structures d’établissements déjà sous tension. Aucune autre ouverture n’a lieu sur la voie professionnelle, alors qu’on sait combien la problématique des élèves non affectés est prégnante dans notre département. La Dasen a en effet pris récemment des mesures scandaleuses d’augmentation du nombre d’élèves par classe qui vont dégrader considérablement les conditions de travail des enseignants et les conditions d’accueil des élèves (voir notre article sur ce sujet).
Ouvrent aussi des demi-divisions ou des divisions de 1ère STMG dans 5 établissements du département (au lycée Corot, au lycée Fustel de Coulanges, au lycée Prévert, au lycée Marie Laurencin, au lycée Einstein). Ces ouvertures tardives ont lieu chaque année depuis plusieurs années. Quand on sait la tension qui existe dans cette filière, quand on sait combien une ouverture tardive peut mettre en péril des choix d’organisation, on ne peut comprendre que ces classes ne soient pas financées à l’initiale, en janvier. Le SNES-FSU dénonce fermement chaque année une telle politique de gestion de flux qui n’a aucun sens si elle ne s’accompagne pas sur le terrain d’un vrai travail d’orientation, que les équipes ont bien du mal à réaliser tant on manque de CIO et de Psy-EN.
Tous les choix opérés sur les lycées sont inacceptables et la FSU les a dénoncés avec force et fermeté. Ces choix sont ceux d’une Administration incapable depuis des années d’anticiper les difficultés d’affectation que connaît notre département. Les ajustements qui viennent de nous être présentés permettent d’ouvrir plusieurs centaines de places dans les lycées, alors que ces places auraient pu être ouvertes en janvier compte tenu de la hausse des effectifs annoncés. La FSU continue de réclamer des ouvertures de divisions et de demi-divisions, à l’initiale, grâce à une véritable modification de la carte des formations. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons accueillir dignement nos élèves et faire face à la pression démographique.
Nous invitons tous les personnels des collèges et des lycées essonniens à protester et à se mobiliser dès la rentrée pour témoigner des conditions difficiles d’accueil et d’enseignement.
Moyens provisoires CPE :
Le GT a aussi été l’occasion de présenter les ajustements sur les moyens CPE.
Ces moyens provisoires correspondent aux moyens obtenus pour des berceaux stagiaires et pour compenser des temps partiels à 80%. Ils ont été répartis sur plusieurs établissements, dont l’écart au barème reste important. Cette répartition est extrêmement problématique, dans la mesure où elle n’est pas présentée de façon transparente aux organisations syndicales. Le SNES 91 et la FSU 91 demandent depuis plusieurs années à connaître les barèmes CPE des collèges et lycées de l’Essonne. Ce document leur est systématiquement refusé. Les choix de répartition ne peuvent donc être compris. Les conditions de travail des CPE sont particulièrement dégradées partout dans notre département, aucune justification ne permet d’objectiver clairement les choix d’accorder les moyens supplémentaires à un lycée plutôt qu’à un autre.
Par ailleurs, par rapport à l’an dernier, deux établissements se voient retirer un demi ETP de CPE : le collège Emile Zola à Igny et le lycée Poincaré à Palaiseau. Ces retraits s’expliquent par une baisse du nombre de temps partiels à 80% et du nombre de berceaux stagiaires. La FSU a dénoncé cette perte de moyen qu’aucun des deux établissements n’a pu anticiper et qui dégradera considérablement le travail éducatif réalisé auprès des élèves.
Si votre établissement est concerné par cette problématique, contactez sans tarder le SNES-FSU 91 en écrivant à l’adresse snes91@versailles.snes.edu.
ESSONNE