La fin d’année scolaire est toujours marquée par une instance dédiée aux dotations des moyens en assistance éducative dans les collèges et les lycées de l’Essonne. Cette instance entérine le nombre d’ETP alloués à chaque établissement pour l’année scolaire suivante et permet aux chefs d’établissement de commencer le recrutement de nos collègues AED. Le CSA s’est tenu dans l’Essonne le mardi 30 juin. Retrouvez dans cet article le compte-rendu de la FSU.
Les documents présentés par la DSDEN le mardi 30 juin montrent comme chaque année un déni flagrant des besoins des collèges et lycées en moyens en assistance éducative : les ETP alloués à l’Essonne sont terriblement insuffisants au regard de la spécificité de notre département. Pendant de nombreuses années où les effectifs ont augmenté de façon significative, les dotations sont restées les mêmes et étaient complétées par 20 ETP de moyens provisoires répartis, comme des miettes, sur certains établissements. L’année dernière, notre institution a concédé quelques ETP définitifs supplémentaires dans le cadre du plan tranquillité. Cette année, les dotations restent scandaleuses pour deux raisons : d’une part, la hausse de la démographie scolaire se poursuit ; d’autre part, un nouveau collège ouvre ses portes à Wissous à la rentrée 2026. Ces deux spécificités n’ont donné lieu qu’à une augmentation de 1,5 ETP sur notre département par rapport à l’an dernier. La FSU a exprimé avec force et fermeté son indignation ! Notre territoire, marqué par les rixes, n’a pas seulement besoin d’interventions policières et judiciaires, il a besoin aussi et surtout de davantage de moyens et d’une réelle politique de prévention et d’égalité. La démographie scolaire en hausse et la dégradation profonde des climats scolaires doivent entraîner des moyens supplémentaires. Les moyens alloués ne sont pas à la hauteur et ne couvrent pas tous les besoins exprimés depuis longtemps dans les instances où nous siégeons et dans les audiences où nous accompagnons les établissements.
Le plan tranquillité a apporté l’an dernier 21 ETP supplémentaires définitifs à l’Essonne, les 20 ETP supplémentaires provisoires déjà en place sont reconduits pour la rentrée prochaine. La DSDEN procède donc, comme d’habitude, à des redéploiements pour pouvoir fonctionner à moyens presque constants. Pour justifier ces redéploiements, la DSDEN s’appuie sur une dotation théorique (qu’elle appelle « barème académique ») et affecte des moyens définitifs et/ou provisoires supplémentaires en fonction de l’écart au barème : un collège ou un lycée qui voit sa dotation inférieure au barème académique peut donc se voir attribuer un demi ou un ETP supplémentaire pour la rentrée prochaine, pour compenser cet écart. Mais attention, ce moyen supplémentaire peut entraîner une baisse de moyens pour un autre établissement qu’on dépouille sous prétexte qu’il verrait son écart au barème baisser. La FSU dénonce fermement ce principe de redéploiement pour deux raisons : d’abord parce que tous les établissements de l’Essonne ont besoin de moyens supplémentaires en assistance éducative ; ensuite parce que les critères qui permettent de déterminer ce barème sont insuffisants pour définir la réalité du terrain.
Ces redéploiements servent cette année, en premier lieu, à financer les 3 ETP dont a besoin le collège de Wissous pour pouvoir fonctionner correctement à la rentrée. Comble du scandale, c’est sur des établissements REP+ que la DSDEN est allée chercher les ETP manquants : au collège Jean Vilar à Grigny et au collège Senghor à Corbeil-Essonnes ! Pour se justifier, elle précise que ces moyens sont repris sur les moyens d’assistants pédagogiques dédiés au 1er degré sur les deux réseaux ! La FSU ne comprend pas en quoi cette précision rend la décision plus acceptable. 1er ou 2nd degré : même combat ! Il est inacceptable que le Rectorat n’ait pas financé les ETP du collège supplémentaire essonnien ! Les redéploiements servent aussi à financer un ETP pour l’EREA de Montgeron qui a subi, en mars, une suppression d’un poste d’éducateur qui aurait dû donner lieu en juin à une compensation obligatoire en assistance éducative. Là encore, le Rectorat n’a pas tenu son rôle et n’a pas pris en compte ce besoin réglementaire. Que fait notre institution ?
En avril 2022, la CHSCT de l’Essonne a mené un travail sur les conditions de travail des AED. Les préconisations présentées et votées à l’issue de ce travail ont mis en lumière la nécessité absolue de revoir les modalités de calcul du barème sur lequel le Rectorat et la DSDEN s’appuient pour justifier leurs choix. Un GT académique sur le barème a eu lieu en avril dernier au Rectorat. La FSU 91 a porté, lors de ce GT, toutes les revendications des personnels des collèges et lycées de l’Essonne. Mais ce GT, contre toute attente, n’a donné lieu à aucune modification de la clé de répartition entre les quatre départements de l’Académie. Partout les moyens manquent, mais persistent des inégalités inacceptables qui pèsent avant tout sur les départements les plus en difficultés socialement : l’Essonne et le Val d’Oise. Pour lire le compte-rendu de l’instance académique, cliquez ici.
Si vous souhaitez connaître votre dotation en AED et l’analyse de vos élus FSU, contactez le SNES-FSU 91 (snes91@versailles.snes.edu).
L’instance s’est terminée par le vote à l’unanimité d’un vœu à l’initiative de la FSU. Vous trouverez le vœu ci-dessous. L’Administration dispose d’un délai réglementaire de deux mois pour y répondre. La réponse, que vous trouverez ci-dessous, a été adressée le mercredi 8 juillet aux représentants des personnels :
Les organisations syndicales du CSA-SD de l’Essonne dénoncent la façon dont les AED sont empêchés d’accéder à la cédéisation, qui doit être automatique après six ans d’exercice.
De nombreux AED essuient des refus de renouvellement de contrat avant qu’ils aient atteint leur sixième année, alors que leur engagement et leur travail avaient jusque-là été reconnus et appréciés. Cette manœuvre consiste à empêcher la cédéisation dans l’Essonne.
À chaque fois des arguments vagues et confus sont avancés par les chefs d’établissement. Se conjuguent alors brutalité, arbitraire, incompréhension et gestion inhumaine pour récompenser l’investissement et le professionnalisme de ces AED qui se retrouvent dans une situation critique. Nous constatons par ailleurs que ces situations sont quasiment systématiquement celles de femmes isolées. La Direction académique, quand elle est interpellée, renvoie au pouvoir et à la responsabilité des chefs d’établissement.
Quand on connaît la situation des vies scolaires et du climat scolaire dans l’Essonne, il apparaît pourtant évident qu’il n’a jamais été aussi nécessaire de s’appuyer sur des personnels compétents, formés, investis et affectés de façon pérenne.
Au contraire, il est choisi de fragiliser les vies scolaires plutôt que de les sécuriser et les renforcer.
Il est urgent de changer la grille de lecture et la conception de ceux qui proposent les contrats aux AED. Il est urgent de proposer un parcours sécurisé pour les AED qui souhaitent s’engager dans ce métier d’une façon pérenne. Il est urgent de cesser le mépris envers ces personnels déjà fortement précarisés par l’absence de statut.
Les organisations syndicales du CSA-SD de l’Essonne exigent qu’aucun frein ne soit mis à la cédéisation et demanderont systématiquement des audiences à la Direction Académique à chaque refus de renouvellement de contrat qui leur signalé et qui pourrait compromettre un passage en CDI.

Vous pouvez consulter et télécharger notre déclaration préalable ci-dessous.
ESSONNE