Le lundi 8 juin a eu lieu un groupe de travail du CDEN portant sur le règlement intérieur de cette instance et sur un certain nombre de questions diverses posées par les représentants des personnels et des parents d’élèves. Le compte-rendu de ce GT fait état de la difficulté de dialogue avec le CD. Cette difficulté n’est pas nouvelle, mais s’intensifie au regard de l’actualité sociale et des réalités de nos terrains d’exercice.
Vous pouvez consulter ci-dessous nos précédents comptes-rendus de CDEN :
- Sur les dotations de fonctionnement des collèges : https://fsu91.fsu.fr/budget-des-colleges-le-cd-se-moque-du-dialogue-social/
- Sur la préparation de rentrée : https://fsu91.fsu.fr/cden-preparation-de-rentree-2026-jeudi-2-avril/
1/ Bâti et rénovation
La question du bâti scolaire dont le département a la charge était inévitable après l’épisode de canicule qui a très récemment frappé notre département.
a) Construction des futurs collèges
Le collège de Wissous est terminé et l’ouverture se fera en septembre prochain. Vous pouvez retrouver notre compte-rendu de visite ici. A Fleury-Mérogis, le collège ouvrira ses portes au deuxième trimestre 2028. Enfin, à Viry-Châtillon, l’ouverture est prévue en 2030 mais on est au tout début du processus et cette date est à prendre avec beaucoup de précaution. En ce qui concerne Corbeil, le département est en attente d’une modification du PLU, mais à ce jour l’établissement est toujours prévu. Sur les 8 collèges promis, trois voient leur construction suspendue : à Vigneux, à Sénart et à Gif/Yvette. Le coût des constructions a en effet grimpé en flèche à cause de l’inflation. Ce dernier était estimé à 25 millions d’euros par collège il y a quelques années, il monte actuellement à 45/50 millions d’euros par collège. On comprend donc que le CD, en grande difficulté financière, ne souhaite pas forcer les constructions d’autant que les prévisions d’effectifs annoncent une baisse de la démographie scolaire dans les prochaines années. Pourquoi alors s’endetter à construire ? Nous ne pouvons que déplorer non seulement l’abandon de ces projets mais aussi les méthodes du Conseil Départemental. Ce dernier a beau jeu de s’appuyer sur des prévisions de baisses démographiques. En ne construisant pas suffisamment rapidement, il a mis en difficultés graves de nombreux collèges qui ont dû accueillir beaucoup plus d’élèves que leur capacité réelle ne le permettait. Ce retard continue de poser des problèmes récurrents comme la difficulté d’accès aux sanitaires pour les élèves ou la température intolérable dans des préfabriqués qui devaient être temporaires mais ont été utilisés de manière pérenne.
b) Rénovation
Le Conseil Départemental a également communiqué sur les rénovations lourdes. Le collège Marie Curie à Etampes et le collège Hubert Robert à Méréville sont concernés. Par ailleurs, des études sont en cours pour l’extension du collège La Fontaine aux Bergers à Ollainville. Pour le collège Camus à Ris, la création de sanitaires supplémentaires est prévue. Les huisseries seront également changées et le chauffage sera changé pour un système réversible qui pourra apporter du frais l’été. Un projet d’extension a en outre été évoqué. Là encore, nous déplorons le temps de réaction extrêmement long du département qui semble arriver systématiquement après la bataille. Pour le collège Jean Lurçat de Ris-Orangis, la situation est alarmante. Le bâtiment est à reconstruire entièrement. Un collège provisoire serait installé à proximité sur un terrain qui jouxte l’établissement actuel. Cependant, alors que les échéances annoncées nous semblent incroyablement longues, des études préalables ont été effectuées mais les architectes ne sont pas encore intervenus et les travaux ne commenceraient qu’en 2031. Cela fait pourtant des années que nous interpelons ! (Voir notre article sur le sujet).
c) Une incapacité du département à se préparer au dérèglement climatique
Le Conseil Départemental s’est félicité d’un rythme de rénovations soutenu : en 10 ans, 20 collèges ont été rénovés. Un simple calcul de la FSU a permis de le mettre en difficulté. A ce rythme, il faudra en effet 50 ans pour rénover l’ensemble des collèges de l’Essonne ! Dans le même temps, les propres services du Conseil Départemental prévoient un réchauffement de 3 ,5 à 5°C ! La FSU est, sur ce point, sidérée de l’impréparation de notre collectivité territoriale. En effet, concernant l’adaptation aux fortes températures, le CD en est à une phase … d’expérimentation ! Il teste au collège Doisneau, à Itteville, l’installation de films réfléchissants sur les verrières. L’idée est ensuite de diffuser aux « établissements serres ». Le département en compte 6, ce qui nous semble très peu. Nous pensons par exemple au collège L’Ermitage à Soisy ou à Pasteur Longjumeau. Même niveau d’impréparation pour la végétalisation des cours. Trois établissements seulement sont concernés : le collège Péguy à Bondoufle, le collège La Tuilerie à St Germain-lès-Corbeil et le collège Neruda à Grigny. Que dire enfin de l’achat de 150 ventilateurs pour les 103 collèges du 91 ? La FSU est restée sans voix.
La FSU a demandé avec insistance la tenue d’un groupe de travail de la F3SCT spécifique sur le bâti en présence du Conseil Départemental, pour que l’employeur – responsable de la santé et de la sécurité de ses personnels – et la collectivité – responsable du bâti – puissent répondre ensemble à leurs obligations, sans se défausser. Aucune réponse n’a été donnée à cette demande. La FSU a exigé aussi un état des lieux clair sur les établissements ainsi qu’une feuille de route sur l’adaptation du bâti pour faire face au dérèglement climatique, à court, moyen et long terme.
2/ OP et entretien des collèges
Depuis plusieurs années déjà, le CD poursuit une politique d’externalisation du service d’entretien des collèges que la FSU condamne. Le vice-président du CD affirme que c’est d’abord pour compenser les difficultés de remplacement des agents en arrêt maladie. Pourtant, il semble que tous les nouveaux collèges (à Massy, puis bientôt à Wissous) soient concernés par l’externalisation, une drôle de coïncidence qui montre combien cette politique s’apparente à une véritable casse du service public et non à une solution provisoire pour remédier à certaines difficultés temporaires ! Les collèges suivants seront concernés par cette externalisation à partir de la rentrée prochaine : le collège Julie Victoire Daubié à Wissous, le collège Roland Garros à St-Germain-lès-Arpajon, le collège Paul Bert à Savigny/Orge, et le collège Daudet à Draveil. Outre l’externalisation, la FSU dénonce l’accroissement des difficultés pour les équipes du CD toujours en place. Ainsi, les remplacements s’effectuent au 3ème absent seulement et nous avons des cas où même avec 3 absentes, aucun remplacement n’est effectué ! La FSU remet en cause aussi le nouveau fonctionnement pour le renouvellement des vêtements et chaussures usagés. Avant, les agent.es avaient une enveloppe à l’année pour les changer. Maintenant, ils doivent rendre leurs vêtements et chaussures pour en avoir d’autres !
3/ Prévisions d’effectifs à horizon 2035
La démographie de notre département est amenée à évoluer. Nous avions été préservés jusque là de la baisse démographique qui impactait le reste du territoire national. Pourtant, cette situation est amenée à changer. En effet, le nombre d’élèves a commencé à décroître dans le 1er degré. Cette baisse va se poursuivre et déborder logiquement sur le second degré. Ainsi, à horizon 2035, le 1er degré va perdre 16091 élèves, le collège 4020. Pour le lycée, la baisse est de 500 en GT et d’un peu moins de 150 en filière professionnelle (voir ci-dessous les documents fournis par l’Administration).
Ne soyons pas dupes : cette baisse sera un argument pour diminuer les moyens alloués aux écoles et aux établissements ! Notre institution est toujours beaucoup plus prompte à réagir lorsqu’il faut retirer que lorsqu’il faut abonder. La baisse démographique est une chance à saisir pour obtenir de meilleures conditions d’apprentissage et la FSU continuera de mobiliser pour obtenir des moyens dignes pour l’école !
ESSONNE