Un GT CDEN a eu lieu le mardi 4 mars 2025 à 18h au Conseil Départemental. Cette réunion a notamment été l’occasion pour M. BERENGER, Vice-Président du CD en charge des collèges, de présenter aux représentants des personnels et des parents d’élèves le projet d’externalisation de l’entretien amorcé déjà depuis plusieurs années. La FSU 91 s’inquiète profondément de ce projet, qui ne touche pas (encore ?) les lycées où les agents rencontrent les mêmes conditions de travail déplorables. Cette situation ne peut plus durer !

La FSU 91 s’est déjà emparée de ce sujet dans le courant du mois de novembre, quand elle a été contactée par les personnels du collège Jean Lurçat de Ris-Orangis, qui avaient appris brutalement que leur service d’entretien allait être externalisé et que l’ensemble des agentes en poste sur l’établissement seraient déplacées vers d’autres collèges. Une audience pour combattre ce projet d’externalisation avait eu lieu le vendredi 15 novembre (cliquez sur ce lien pour lire notre compte-rendu) et avait mis en lumière combien les conditions de travail des personnels étaient difficiles et combien il était essentiel de réfléchir à la prise en compte de leurs besoins et à leur maintien sur les collèges. Le mardi 4 mars, lors du GT CDEN qui a eu lieu au Conseil Départemental, la FSU 91 a constaté non sans amertume que l’externalisation semblait progressivement se généraliser et apparaît, aux yeux de l’employeur de nos collègues agents territoriaux, comme une véritable panacée les déchargeant de toute responsabilité concernant l’entretien des collèges et les conditions de travail que cet entretien induit. Vous trouverez ci-dessous le document projeté par le CD lors de la réunion :

Depuis 2019, c’est 21 collèges sur 101 qui sont désormais concernés par ce processus d’externalisation qui permet au CD de déléguer à des entreprises privées l’entretien des établissements dont il a pourtant la charge. Aux dires du CD, ce choix d’externaliser répond à plusieurs difficultés. La pénibilité du travail entraîne de nombreuses absences et de nombreuses préconisations médicales qu’il n’est pas possible de mettre en place sur le terrain. Le remplacement des personnels absents coûte trop cher à ce CD déjà en grandes difficultés financières. La seule mention du collège Claudine Hermann à Massy, qui a ouvert ses portes en septembre 2024, montre que les justifications avancées par le CD ne sont pas complètement vraies : aucune absence, en effet, n’est à déplorer dans ce collège puisqu’il est neuf ; c’est donc bien un projet en cours de généralisation pour l’ensemble du département de l’Essonne qui se dessine ici. Le CD gère la pénurie et joue sur l’épuisement professionnel des collègues titulaires pour peu à peu les remplacer insidieusement par des entreprises privées qui le déchargeront complètement de la gestion des ressources humaines et du coût des remplacements. Cette politique est scandaleuse parce qu’elle constitue une atteinte grave au service public qu’on dégrade consciemment en ignorant les difficultés rencontrées par les travailleuses et travailleurs sur le terrain. Au lieu de prendre soin de ses agents, le CD préfère les maltraiter pour créer ensuite le besoin de s’en débarrasser. C’est ainsi que le CD applique la règle honteuse selon laquelle on ne peut envoyer un remplaçant que quand il y a deux absents. Le sous-effectif devient donc endémique et les agents encore en capacité physique de travailler sont sans cesse sous-pression et obligés de compenser les non-remplacements. Cette logique implacable est d’autant plus scandaleuse au regard de la moyenne d’âge de plus en plus élevée et de la féminisation de la profession.

Dans les lycées de l’Essonne, la situation des agents d’entretien est tout aussi dramatique, même si la Région Île de France ne parle pas (encore ?) d’externalisation. La FSU 91 a été récemment appelée par les collègues du lycée Alexandre Denis à Cerny. Les échanges qui ont eu lieu pendant l’heure d’information syndicale ont permis de faire un constat inquiétant. L’équipe en poste actuellement est constituée d’une dizaine de personnes, alors qu’il existe bien 14 ou 15 supports de postes pour assurer l’entretien général. Les personnels en arrêt maladie ou en congé maternité ne sont pas remplacées, les temps partiels ne sont pas compensés, les départs en retraite ne sont pas non plus remplacés. Dans ces conditions, comment assurer l’entretien de l’intégralité d’un bâti qui s’organise en plusieurs espaces différents séparés par des distances considérables ? Ces difficultés n’émergent pas cette année et se sont accumulées tout au long de ces dernières années où le lycée Alexandre Denis a connu d’importants travaux d’extension permettant de le transformer en lycée polyvalent. Un tel établissement qui accueille des ateliers très spécifiques, un internat et doit assurer trois services de restauration (petit-déjeuner, déjeuner et dîner) mérite que l’employeur soit irréprochable sur la santé de ses personnels. Et pourtant, alors que la surface a doublé et que les effectifs ont triplé, seulement 2 ETP supplémentaires ont été ajoutés pour faire face à cette évolution. Si on considère par ailleurs les travaux réalisés, on constate que les contraintes liées à l’entretien n’ont jamais été prises en compte et que le lycée rénové complexifie les gestes professionnels des agentes interrogées. Ce mépris est inadmissible ! La Région se comporterait-elle comme le Conseil Départemental ?

Face à cette situation grave et scandaleuse tant dans les collèges que dans les lycées de l’Essonne, la FSU 91 se mobilise. Elle a d’ores et déjà contacté d’autres syndicats représentatifs au Conseil Départemental et à la Région. Elle participe à la construction d’une action contre le CD de l’Essonne et a demandé une audience à la Région IDF pour l’interroger sur les réponses qu’elle compte apporter dans les meilleurs délais face aux conditions de travail que connaissent les agents d’entretien des lycées, et en particulier les collègues du lycée de Cerny. La FSU 91 encourage enfin tous les personnels à remplir les registres Santé et Sécurité au Travail que leur employeur doit tenir à leur disposition dans les établissements et à s’organiser collectivement pour défendre leurs droits et leur statut.