Le jeudi 27 novembre 2025 devaient avoir lieu deux instances de dialogue social sur le bilan de rentrée de l’Éducation nationale dans l’Essonne : le CSA départemental le matin en présence des services de la Direction Académique et le CDEN le soir en présence des mêmes services mais aussi de la Préfète, des élus locaux et des représentants des parents d’élèves. Le CDEN n’a pas pu se tenir, faute de quorum : c’est la deuxième fois que les représentants des maires et du Conseil départemental ne se déplacent pas pour discuter avec les représentants des personnels et des parents d’élèves de questions pourtant essentielles qui touchent à l’éducation dans un département contrasté et marqué par une dégradation des services publics à tous les niveaux. Ils avaient déjà fait tomber le quorum lors du CDEN relatif aux dotations globales de fonctionnement des collèges. Que signifient cette absence et cette désinvolture dans une période électorale ? La FSU s’interroge et s’indigne de cette posture des élus qui affichent leur indifférence à l’égard des questions éducatives, au moment même où l’Education est en passe de ne plus être le premier budget de l’Etat !

Le bilan de rentrée présenté le matin en CSA fait état d’une situation inquiétante et en trompe-l’œil. Notre département brille par sa spécificité par rapport aux autres départements français. S’il connaît une baisse de sa démographie scolaire dans le 1 er degré comme ailleurs, cette baisse est toutefois moins marquée qu’ailleurs. Les fiches SST, en immense augmentation, montrent que cette baisse démographique n’a absolument pas entraîné une amélioration des conditions de travail. Il y a là de quoi beaucoup réfléchir sur la dégradation des climats scolaires et sur la transformation des métiers. Notre département est en outre marqué par une augmentation des effectifs dans le 2nd degré, et en particulier en lycée. Cette tendance haussière le distingue des autres départements du territoire français qui connaissent presque tous une baisse de leur démographie scolaire. C’est sur ces constats que la Direction Académique a présenté des documents très détaillés à l’ensemble des organisations syndicales.

En apparence, tous les chiffres donnés semblent montrer une augmentation du taux d’encadrement ou des efforts pour maintenir des conditions d’accueil correctes pour les élèves. Mais il est facile de faire parler les chiffres et surtout de leur faire dire tout ce qu’on veut, y compris des réalités tronquées. Ces chiffres sont des moyennes qui ne reflètent en rien la réalité complexe et fine du terrain : dans le 1er degré, beaucoup d’écoles ont un effectif par classe supérieur à 28 élèves, mais les dédoublements mis en place en REP et REP+ font baisser considérablement l’effectif moyen. Pour la FSU, c’est donc une forme de malhonnêteté intellectuelle de la part de la Direction Académique que de ne pas faire apparaître dans les documents présentés les réalités contrastées qui existent dans l’ensemble du département. Dans le 2nd degré, on oublie de relativiser ces chiffres en les mettant en perspective avec les réformes successives qui ont changé les modèles d’allocation et détruit les organisations d’apprentissage ou avec la crise sanitaire qui a profondément creusé les inégalités scolaires. On oublie aussi de rappeler que cette pseudo amélioration vient après des décennies de baisse des moyens humains dans un contexte de hausse démographique. On oublie enfin de montrer que les chiffres relatifs aux résultats scolaires et aux choix d’orientation des élèves s’expliquent d’abord par des difficultés économiques et sociales qui n’ont fait que s’accentuer. L’absence de méthodologie et de rigueur dans la présentation proposée montre donc un déni de réalité. La FSU n’est pas dupe et a dénoncé avec force tous les documents présentés.

Ce bilan de rentrée, pour la FSU, est catastrophique, au point que le principe même de l’école semble peu à peu disparaître : l’éducation pour toutes et tous. Les climats scolaires partout se dégradent, le bâti des écoles et des établissements est saturé à bien des endroits. De la maternelle au lycée, plusieurs milliers d’élèves en situation de handicap n’ont pas droit à l’accompagnement auquel ils peuvent prétendre, faute de postes suffisants d’AESH. Sur ce point, la DSDEN se félicite d’avoir saturé le schéma d’emploi et d’avoir réussi à obtenir 6 ETP supplémentaires pour le département qui serviront très prochainement à recruter davantage de personnels, mais pas à augmenter les quotités de collègues déjà en poste ! Au collège, pas un établissement ne fonctionne de la même manière sur les groupes de besoins, ce qui prouve l’échec avéré de la réforme du Choc des Savoirs mais ne met pas fin aux difficultés organisationnelles qu’elle engendre. Au lycée, des centaines d’élèves étaient encore sans affectation en septembre, des EANA cherchent toujours une place à ce jour et des jeunes majeurs sont sous OQTF et cette situation semble n’émouvoir personne.

Dans ce contexte d’austérité, nous exigeons des actes forts et concrets :
Une revalorisation salariale à la hauteur de notre mission.
Une baisse immédiate des effectifs dans les classes.
Les moyens humains et matériels indispensables pour une école inclusive et apaisée.
C’est ce que nous porterons dans la rue le 2 décembre prochain. Venez nombreuses et nombreux à Paris : RDV à 14h, métro Bourse !

Vous trouverez ci-dessous la déclaration préalable de vos représentant.es FSU au CSA :

déclaration préalable CSA bilan de rentrée

 

Vous trouverez ci-dessous la déclaration préalable de vos représentant.es FSU au CDEN de repli du jeudi 4 décembre :

déclaration préalable CDEN bilan de rentrée