Le lundi 16 mars 2026, s’est tenu à la DSDEN le groupe de travail sur l’implantation des nouveaux dispositifs ULIS dans les établissements du département pour la rentrée scolaire 2026. Ce groupe de travail a réuni les représentants des personnels et les représentants de la Direction Académique et de l’ASH. Vous trouverez dans cet article notre compte-rendu de cette réunion.

Pour la rentrée prochaine, aucun dispositif ULIS n’ouvrira dans le 1er degré en Essonne. Cette annonce – particulièrement inaudible au regard des conditions d’accueil et de travail que connaissent les écoles de notre département – est justifiée par l’Administration par le fait que tous les élèves bénéficiant d’une notification cible ULIS ont une affectation et qu’aucun besoin n’a donc été identifié. Les difficultés rencontrées, si elles ne sont pas inconnues de nos autorités, sont en réalité imputables au manque de places dans les autres structures d’accueil spécialisées (comme par exemple les IME) : les élèves concernés, autrefois orientés par défaut vers les dispositifs ULIS, sont désormais scolarisés en classe ordinaire. La FSU a formulé sa grande inquiétude concernant la prise en charge de ces élèves, en souffrance, et concernant l’accompagnement des personnels sur les écoles qui compensent avec difficulté le manque de moyens fournis par l’Education Nationale. L’absence d’ouverture de dispositifs ULIS dans le 1er degré ne peut être une réponse adaptée à la situation actuelle.

Cette réunion précède le GT et le CSA sur les postes offerts au mouvement dans le 2nd degré (voir notre article ici), au cours desquels ont été présentés les ouvertures de postes. On compte cette année 4 ouvertures de dispositifs ULIS dans l’Essonne pour la rentrée 2026. Voici les 4 nouveaux postes qui seront offerts au mouvement :

  • Collège Mermoz, Savigny/Orge
  • Collège Esclangon, Viry-Châtillon
  • Collège Julie-Victoire Daubié, Wissous
  • Lycée Alexandre Denis, Cerny

Rappelons ici que les dispositifs ULIS du 2nd degré peuvent être occupés par des PE, des PLC ou des PLP. Les enseignants intéressés par ce mouvement ont jusqu’au 1er avril pour formuler leurs vœux. Les modalités de candidature et d’affectation sur ces postes sont définis par une circulaire, parue avant les congés d’hiver (voir notre article ici).

Ce GT, s’il présentait les implantations des nouveaux dispositifs dans le département, a été surtout l’occasion pour les représentants des personnels de porter la parole des collègues en rendant compte des difficultés rencontrées sur le terrain :

  • Postes non pourvus : dans le 1er degré comme dans le 2nd degré, beaucoup de postes de coordonnateurs d’ULIS restent non pourvus après le mouvement, faute d’enseignants spécialisés en nombre suffisant. D’après les chiffres fournis par l’Administration, 55 postes en dispositifs écoles (sur 91) sont occupés par des enseignants non spécialisés qui sont nommés bien souvent après la rentrée. En collège, c’est le cas sur 32 postes (sur 77 en tout) ; en lycée, c’est le cas sur seulement 1 poste (sur 20 en tout). La FSU a demandé à ce que les informations concernant le mouvement interdegrés et les demandes de délégations fonctionnelles soient explicitement transmises aux enseignants titulaires d’un CAPPEI dormant (c’est-à-dire les enseignants spécialisés exerçant toujours dans leur discipline). Elle a aussi rappelé l’urgence de construire une formation CAPPEI plus adaptée et plus respectueuse des personnels pour faire baisser le taux d’abandon.
  • Bâti scolaire : aux dires de l’Administration, le dialogue avec les collectivités territoriales est de qualité et permet d’ouvrir les dispositifs dans de bonnes conditions. C’est contraire aux retours du terrain dont la FSU dispose et qui font état d’une inégalité entre les dispositifs qui tient au bâti scolaire : d’un établissement à l’autre, les salles accueillant les dispositifs ULIS sont de tailles très différentes et jamais équipées de la même manière. Tout dépend de la capacité d’accueil de l’établissement, des conditions dans lesquelles le dispositif a ouvert et de la collectivité propriétaire du bâti. Ces disparités dans les choix de l’équipement et des salles donnent lieu à de véritables inégalités dans les conditions d’accueil des élèves et dans les conditions de travail des personnels. On trouve de tout : un espace très grand réparti sur plusieurs salles mitoyennes et communicantes, une très grande et unique salle, une toute petite salle, et même parfois un simple bureau ! La FSU a interpellé par ailleurs l’Administration sur la spécificité bâtimentaire des collèges Esclangon (à Viry-Châtillon) et Mermoz (à Savigny/Orge), ces deux établissements étant tous deux identifiés comme peu adaptés à l’accueil des personnels à mobilité réduite. Qu’en sera-t-il pour les élèves s’ils ont ce type de difficultés ?
  • Effectifs des dispositifs ULIS collèges et lycées : Quand on regarde les chiffres transmis par la DSDEN lors du CSA bilan de rentrée, on constate que la quasi totalité des effectifs des dispositifs ULIS en collège et en lycée dépasse ce que la réglementation en vigueur prévoit : « Le nombre d’élèves qui bénéficient du dispositif au titre d’une Ulis collège ou lycée ne dépasse pas dix. Cependant, dans certains cas, l’inspecteur d’académie-directeur académique des services de l’éducation nationale (IA-Dasen) peut décider de limiter l’effectif d’une Ulis donnée à un nombre sensiblement inférieur si le projet pédagogique ou si les restrictions d’autonomie des élèves qui y sont inscrits le justifient. Il peut également augmenter l’effectif d’une Ulis donnée si la mise en œuvre des PPS des élèves le permet. » (circulaire n° 2015-129 du 21-8-2015 ). Nulle part, on n’a évalué la faisabilité de la mise en œuvre des PPS des élèves accueillis ; nulle part, on n’a demandé son avis à la personne la mieux placée pour dire si l’augmentation de l’effectif du dispositif était envisageable. Dans l’Essonne, beaucoup de dispositifs accueillent maintenant 14 élèves, soit 4 élèves supplémentaires par rapport à l’effectif requis. Cette évolution insidieuse représente une dégradation importante du service public d’éducation et de l’idéal de l’école inclusive que nous défendons. La FSU a demandé que soit construit un document de dialogue entre l’Administration et les coordos ULIS, pour que chaque personnel en poste puisse transmettre chaque année son avis sur l’évolution des effectifs avant la commission d’affectation. Cette demande a été rejetée par la Direction Académique qui considère que cette possibilité ne peut être laissée qu’au chef d’établissement !
  • Orientation des élèves ULIS : la FSU a enfin interpellé l’Administration sur les choix d’implantation des dispositifs ULIS en lycée. Une fois de plus, avec le lycée Alexandre Denis à Cerny, la FSU constate qu’un dispositif ULIS est implanté dans un lycée où les formations proposées sont particulièrement genrées et s’adressent essentiellement aux garçons. Si ces stéréotypes sont à combattre pour tous les élèves, force est de constater que l’Education Nationale progresse assez peu sur ces questions. Dans ces conditions, il n’est pas admissible que les jeunes filles en situation de handicap et pouvant prétendre à une poursuite de leur scolarisation avec une ULIS lycée soient discriminées en ayant moins de choix que les garçons. La FSU a demandé à pouvoir comparer, lors d’une prochaine instance, la proportion des filles et des garçons dans les ULIS collèges et les ULIS lycées.