C’est après le GT CSA sur les DGH que les personnels du lycée Clément Ader à Athis-Mons ont découvert que les 12 places supplémentaires de CAP Electricité qui ouvriraient l’année prochaine dans leur établissement ne correspondaient pas à une nouvelle division, mais à une augmentation de la capacité d’accueil de la division déjà existante. Leur détermination pour obtenir d’autres moyens et des conditions de travail décentes est à la mesure de leur colère.

Rappelons que l’Essonne subit une pression démographique très importante et que cette situation, au regard de la démographie scolaire au niveau national, est inédite. A cette pression s’ajoute une problématique de plus en plus prégnante à chaque rentrée scolaire où des centaines d’élèves se retrouvent sans affectation, en particulier en 1ère STMG et dans la voie professionnelle. Pour tenter de réduire le nombre d’élèves sans affectation, le Rectorat et la DSDEN ont prévu de créer des places supplémentaires dans des lycées dont la capacité d’accueil théorique permet une augmentation d’effectifs et qui sont implantés dans les bassins en tension. Le lycée Clément Ader à Athis-Mons est l’un de ces lycées et c’est pour cette raison que 12 places supplémentaires sont prévues en CAP Electricité pour la rentrée 2025. Seulement voilà, deux classes à 12 élèves ne travaillent pas de la même manière qu’une classe à 24. C’est pourtant le choix de la classe à 24 élèves qui a été fait, contre l’avis des collègues qui, sur le terrain, n’ont pas été correctement informés des conditions dans lesquelles ils allaient devoir accueillir leurs élèves en septembre.

Une division de CAP de 12 élèves est financée à 37h. Si donc la DSDEN finance deux classes à 12 élèves, elle doit doter le lycée de 74h pour ces deux classes. Si en revanche, elle ne fait qu’augmenter la capacité d’accueil de la division, elle donne en tout 54h au lycée : charge aux collègues, à partir de cette enveloppe, de choisir où les dédoublements auront lieu et quels enseignements se feront en classe entière. Ce delta de 20h entre les deux modèles d’allocation est considérable et plonge l’établissement dans un profond désarroi. Le public des classes de CAP Electricité est un public fragile, en grandes difficultés scolaires, dont les parcours n’ont jamais été linéaires et qui nécessite une attention particulière et beaucoup d’accompagnement individualisé. En imposant aux enseignants une classe à 24 élèves, le Rectorat et la DSDEN demandent donc aux collègues de participer à la gestion de la pénurie des moyens et les contraignent à dégrader la qualité de l’accueil qu’ils offraient jusqu’à maintenant à leurs élèves. Le lycée Clément Ader veut bien accueillir 12 élèves supplémentaires, mais il ne veut pas le faire dans les conditions indignes qu’on lui impose.

Les collègues du lycée Clément Ader ont pu bénéficier de l’accompagnement de la FSU 91 pendant l’audience qu’ils avaient sollicitée immédiatement après l’instance sur les DGH et qui a eu lieu le mardi 4 mars dernier. Pour cette audience, la FSU 91 avait demandé à ce que lui soient présentés tous les établissements de l’Essonne qui souffraient déjà de ce modèle d’allocation. 9 divisions de CAP dans l’Essonne sont dotées de cette façon :

  • au lycée Alexandre Denis, à Cerny
  • au lycée hôtelier, à Étiolles (2 divisions)
  • au lycée Baudelaire, à Evry (2 divisions)
  • au lycée Perrin, à Longjumeau
  • au lycée Eiffel, à Massy
  • au lycée Nadar, à Draveil
  • au lycée Louis Armand, à Yerres

Certains de ces lycées nous ont répondu n’avoir aucune heure d’enseignement à 24 élèves dans ces classes, ce qui signifie que les établissements s’organisent, selon le principe de l’autonomie, pour prélever sur leur marge pour pouvoir mettre en place des dédoublements sur toutes les heures de cours. C’est donc bien une économie scandaleuse que réalise notre employeur, en forçant les équipes à utiliser leur marge pour compenser le manque de moyens ! Si on se souvient que cette économie est de 20h par division, et que chaque CAP s’organise sur deux années, c’est donc pour chaque établissement 40h d’économie réalisées ! Et si on multiplie ces 40h par le nombre de divisions concernées, c’est 400h qui sont gardées sur l’ensemble du département !

C’est une honte ! Ce scandale est d’autant plus insupportable qu’il coïncide avec une baisse de la marge donnée au titre de l’IPS (Indice de Position Sociale). Le calcul de cette marge est construit autour de trois valeurs : le poids d’un élève en heures, un coefficient de dotation et l’effectif prévisionnel de l’établissement. Pour calculer le nombre d’heures de marge allouées à votre établissement, il faut donc appliquer la formule suivante : poids de l’élève x coefficient de dotation x effectif prévisionnel. Partout, les DGH lycées sont en baisse et cette baisse s’explique par des choix politiques que la FSU dénonce avec la plus grande fermeté. Dans les trois lycées (LGT-LPO-LP), le poids de l’élève est en nette baisse, ce qui conduit à faire baisser considérablement les marges au titre de l’IPS. Cette mesure a pour conséquence une perte d’heures non négligeable dans bon nombre de lycées qui voient pourtant leur effectif augmenter. C’est notamment le cas du lycée Clément Ader. Dans ces conditions, comment faire face à la dégradation du climat scolaire induite par l’augmentation d’effectif, si on baisse la marge IPS des établissements ? Cette mesure est condamnable aussi et surtout parce qu’elle montre explicitement le refus du Rectorat de prendre en charge les inégalités sociales et scolaires pourtant en hausse constante dans l’Essonne. Ces difficultés sociales et scolaires sont perceptibles tout particulièrement sur les classes de CAP. Pour le lycée Clément Ader, dont l’IPS sur la voie professionnelle est de 86,5, c’est la double peine : il perd des heures de marge IPS et il perd des heures sur la filière CAP Electricité.

Les réponses apportées par la DSDEN lors de l’audience du mardi 4 mars n’ont pas été satisfaisantes. On comprend les difficultés des collègues, mais l’enveloppe est vide ! La FSU 91 dénonce cette posture : la réserve des heures pour les lycées est conséquente ; les quelques 500 heures que la DSDEN conserve sont destinées à financer les classes Avenir qui ouvriront – peut-être – en fin d’année, si des élèves restent encore sans affectation. Autrement dit, au lieu d’ouvrir dès maintenant des structures et d’organiser un accueil digne des élèves à la rentrée, le Rectorat et la DSDEN préfèrent faire quelques économies et créer à la dernière minute des dispositifs qui n’ont pas fait leurs preuves et qui proposent une scolarité au rabais en pesant (en heures supplémentaires) sur les services des enseignants.

La FSU demande la suppression des classes Avenir et revendique la création de places supplémentaires et de postes supplémentaires dans tous les lycées qui peuvent encore accueillir des élèves. Elle sera aux côtés des personnels du lycée Clément Ader pendant leur grève, le mardi 18 mars. Elle soutient leur demande d’audience au Rectorat et a d’ores et déjà interpellé le maire d’Athis-Mons et la députée en charge de la circonscription sur les conditions déplorables de la prochaine rentrée. Enfin, la FSU encourage tous les établissements concernés par les dotations de CAP à 24 élèves à se mobiliser massivement aux côtés des collègues du lycée Clément Ader pour réclamer à leur tour les moyens nécessaires à l’accueil de leurs élèves.