Lors du Comité social d’administration ministériel (CSAM) du 29 janvier 2026, la FSU Écologie a dressé un constat sévère de la politique environnementale portée par le gouvernement à travers le projet de budget 2026. Les orientations budgétaires votées marquent un net recul des ambitions de la France en matière de transition écologique, tant sur le plan financier qu’organisationnel.
D’après les chiffres avancés, le budget du pôle ministériel subirait une baisse globale de 250 millions d’euros, destinée pourtant à des politiques essentielles face à l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes. Pour la FSU Écologie, ces choix sont en totale contradiction avec les engagements climatiques de la France, notamment ceux issus de l’Accord de Paris, qui nécessiteraient un effort annuel estimé entre 30 et 40 milliards d’euros.
Au-delà des coupes budgétaires, le syndicat s’inquiète de projets de réorganisation jugés dangereux pour l’efficacité de l’action publique environnementale. La ministre envisagerait notamment un démantèlement de l’ADEME, avec le rattachement de ses directions régionales aux services de l’État et la transformation de l’établissement public industriel et commercial en établissement public administratif. La FSU Écologie rappelle le rôle central de l’ADEME comme financeur, expert et tiers de confiance, et affirme ne voir aucune justification à une réforme aussi profonde d’un organisme dont la gestion est jugée saine.
Autre sujet de vive préoccupation : l’ouverture d’une enquête administrative sur le recrutement de la directrice générale déléguée à la mobilisation de la société à l’Office français de la biodiversité (OFB). Une procédure exceptionnelle, habituellement réservée à des enquêtes disciplinaires, que la FSU Écologie interprète comme une ingérence politique sous la pression de lobbies agricoles et cynégétiques. Le syndicat y voit une remise en cause grave de la liberté d’opinion et des principes de neutralité de la fonction publique.
Sur le terrain, la situation des services déconcentrés et des établissements publics est jugée alarmante. Manque de véhicules, défaillances des systèmes de chauffage, pénurie de personnels : les moyens de fonctionnement sont qualifiés de « critiques ». Dans certains cas, la situation devient financièrement intenable, comme au Parc national des Écrins, où un risque de cessation de paiement dès la fin de l’année 2026 a été évoqué, avec des conséquences directes pour les agents
Enfin, on ne peut que constater la dégradation du dialogue social et la souffrance croissante des agents, confrontés à un manque de reconnaissance et à une perte de sens dans leurs missions. L’attractivité des métiers de l’environnement s’en trouve fortement affectée. La FSU Écologie déplore l’absence d’avancées sur plusieurs dossiers, notamment celui des quasi-statuts des agences de l’eau et de l’environnement, et dénonce des décisions prises sans réelle concertation, comme le plan d’actions en matière d’égalité femmes-hommes.
Face à cette situation, la FSU Écologie demande à être reçue sans délai par la ministre afin d’alerter sur l’urgence de mesures concertées. Sans inflexion rapide des choix budgétaires et sans restauration d’un dialogue social sincère, les CSAM risquent de continuer à « se suivre et se ressembler », sans avancées concrètes pour les personnels ni pour la transition écologique.

ESSONNE