Cette période a été marquée par un certain nombre d’avancées pour les AESH tant au niveau départemental qu’au niveau national. Vous trouverez dans cet article le compte-rendu de l’audience qui s’est tenue à la fin du mois de janvier en Essonne à la Direction Académique ainsi que le communiqué qui a fait suite à l’audience qui s’est tenue au ministère à la même période. Ne lâchons rien et amplifions la mobilisation le 8 mars prochain à Paris !

Compte-rendu de l’audience avec la DSDEN 91 : mercredi 28 janvier 2026
Depuis la restructuration du service départemental de l’école inclusive (SDEI) de la DSDEN 91, les personnels AESH connaissent des difficultés de différents types sur lesquelles bon nombre d’entre elles ont alerté la FSU 91. Compte tenu de l’inertie de la DSDEN, la FSU a demandé une audience au mois de novembre, qui s’est tenue tardivement le mercredi 28 janvier 2026.
Le premier point abordé est celui de la communication. Les courriers reçus par les personnels AESH, qu’ils soient reçus par voie postale ou par voie électronique, sont problématiques pour plusieurs raisons. Nous pensons tout particulièrement aux courriers destinés à expliquer la non-subrogation à l’employeur (voir notre article sur ce point). Ces courriers sont, dans un premier temps, incompréhensibles pour qui ne maîtrise pas parfaitement la réglementation. Il n’est pas admissible, par exemple, qu’une AESH soit informée par un courrier employant des termes jargonnants qu’on va lui reprendre une somme importante sur son salaire. De telles informations doivent être transmises avec clarté et doivent pouvoir permettre aux personnels d’anticiper. Ces courriers sont, dans un deuxième temps, incomplets. Ils ne formulent pas, par exemple, qu’il est possible de contacter le service des assistantes sociales des personnels pour constituer un dossier de demande de secours exceptionnel. Enfin, la FSU rappelle qu’il est essentiel de respecter les temps de déconnexion pendant les congés scolaires : plusieurs AESH nous ont signalé qu’elles avaient reçu des mails pendant les congés de fin d’année qui leur demandaient de justifier des absences avant le 30 décembre, avec une menace de retrait de salaire si le délai n’était pas respecté ! Le Secrétaire Général de la DSDEN 91 nous a assuré que le courrier concernant la non-subrogation avait été réécrit, suite à nos nombreuses interventions, et s’est engagé à fluidifier la communication et à rappeler aux gestionnaires le principe de la déconnexion. Aucune AESH n’a subi de retrait de salaire et les délais de justification des absences ont été allongés. Il nous a par ailleurs informé qu’un livret d’accueil était en cours de rédaction et que ce livret avait pour objectif de consolider un certain nombre d’informations sur le cadre de gestion des AESH. La FSU a demandé à pouvoir consulter et amender le projet de livret avant sa diffusion à l’ensemble des personnels.
Le deuxième point de l’audience portait sur les inégalités de traitement et les discriminations professionnelles auxquelles sont sujettes les AESH. Ces inégalités et discriminations sont dues à la fois au cadre de gestion très contraignant et à l’existence des PIAL qui fonctionnent comme des maillons hiérarchiques dans la chaîne institutionnelle, mais sans qu’aucune harmonisation n’ait lieu de la part de la DSDEN. Ainsi, dans certains PIAL les demandes d’autorisation d’absence ou les transmissions de justificatifs doivent passer obligatoirement par le PIAL, quand ailleurs les messages et documents passent par l’école ou l’établissement. Ainsi, dans certains PIAL, on demande aux AESH de signer à l’entrée et à la sortie de l’école ou de l’établissement pour pouvoir vérifier l’assiduité des collègues. La FSU a exigé que les personnels AESH soient traités exactement comme les autres personnels de l’école ou de l’établissement : en matière d’absence comme en matière d’assiduité, les consignes doivent être les mêmes pour tous les personnels ! Le PIAL ne doit rien y changer, puisqu’il n’est ni le supérieur hiérarchique ni le gestionnaire de paie de l’AESH. Sur ce point, la FSU a tenu à rappeler combien les AESH référentes étaient maltraitées : l’Administration souhaite leur donner bien souvent un rôle de contrôle et de surveillance de leurs collègues. Cette délégation de pouvoir n’est en aucun cas réglementaire ! C’est pour toutes ces raisons que la FSU continue de s’opposer fermement aux PIAL et réclame leur suppression et la création d’un vrai statut pour les AESH.
Le troisième point de l’audience concernait le droit syndical. Dans le 2nd degré, les AESH peuvent participer aux heures mensuelles d’informations syndicales, en même temps que leurs collègues enseignants ; il leur suffit de ne pas se rendre au cours qui a lieu pendant l’heure dédiée et de se rendre à la réunion. Dans le 1er degré, ces HIS n’existent pas : on organise des RIS (réunions d’informations syndicales) qui ont lieu, dans l’Essonne, le mercredi matin. La participation à ces RIS permet aux professeurs des écoles une réduction de leur temps de travail sur les 108h annuelles qui viennent s’ajouter à leur temps d’enseignement. Pour les AESH, aucun texte ne dit sur quelle enveloppe horaire la récupération des 3h peut être faite. Et la FSU a bien indiqué qu’il serait inadmissible de faire porter cette récupération sur les heures correspondant aux activités connexes ! Elle a pointé par ailleurs le problème des AESH en interdegré qui travaillent le mercredi matin dans un collège ou un lycée et ne peuvent assister à la RIS du 1er degré, dans lequel elles travaillent pourtant le reste de la semaine. Cette question n’a pour le moment pas trouvé de réponse réglementaire précise. Le Secrétaire Général s’est engagé à étudier le problème. La FSU, quant à elle, a annoncé qu’elle organiserait très prochainement des RIS de PIAL.
L’audience s’est achevée sur un échange concernant le paiement en rétroactivité de la prime REP et REP+. Les dossiers sont étudiés progressivement. Toutes les AESH dont le dossier est complet recevront leur régularisation sur la paie du mois de mars 2026. Les autres dossiers seront traités au fur et à mesure de l’arrivée des pièces justificatives manquantes. La FSU a soulevé le problème des AESH pour lesquelles personne ne souhaite réaliser d’attestations prouvant qu’elles étaient bien en poste en REP ou REP+ sur les années en question, sous prétexte que les personnes sollicitées n’étaient pas en responsabilité à cette époque. La FSU a rappelé que ce n’est pas à l’agent de prouver qu’il était bien en poste, mais à l’Administration de le vérifier ! A cette question, l’Administration – même après d’autres sollicitations par mail de notre part – n’a pas encore répondu.
Audience au ministère le mardi 27 janvier 2026
Depuis des années, et encore davantage depuis l’apparition en 2019 du nouveau cadre de gestion des AESH, la FSU revendique avec force pour les AESH :
- un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH,
- une rémunération à temps plein sur la base de 24h d’accompagnement,
- une formation initiale et continue qualifiante reconnue,
- la reconnaissance pleine de leurs missions,
- la suppression des PIAL et des PAS.
L’action qui a eu lieu le 16 décembre 2025 avait pour objectif d’amplifier la mobilisation autour de ces revendications et toutes et tous les AESH attendaient avec espoir la décision du Sénat au début de l’année civile.
La FSU a dénoncé avec le plus grande fermeté le rejet, le mercredi 7 janvier au Sénat, de la proposition de loi visant à créer un corps de fonctionnaires de catégorie B pour les AESH, et ce, malgré le soutien marqué de l’opinion publique et des parents d’élèves. Ce rejet, soutenu par le gouvernement et la majorité sénatoriale de droite et du centre, constitue un choix politique lourd de conséquences pour l’école publique et l’inclusion scolaire. En agissant ainsi, le gouvernement et la majorité sénatoriale ont envoyé un message clair : l’école inclusive n’est pas une priorité.
L’intersyndicale a finalement obtenu une audience le 27 janvier 2026 auprès des ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture. Plus que jamais, la mobilisation doit continuer. Vous trouverez ci-dessous le communiqué de la FSU qui fait suite à cette audience :
ESSONNE