L’Université connaît des problèmes budgétaires majeurs qui creusent de façon inquiétante les inégalités dans l’enseignement supérieur. Dans ce contexte d’austérité grandissante, la section locale de la FSU Paris Saclay vous propose dans cet article une analyse précise de la situation. Plus que jamais, le combat doit continuer !
La Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche contre laquelle nous nous sommes battus en 2020 reposait sur des mensonges pour promettre un budget pérenne, pluriannuel et en hausse pour les universités et le CNRS.
Pour différentes raisons, ce budget ne fait en réalité que diminuer. Par exemple, la somme versée par l’Etat pour les salaires des fonctionnaires et le fonctionnement d’une université est toujours la même. Elle ne prend pas en compte les évolutions de la pyramide des âges (le salaire d’un·e fonctionnaire augmente mécaniquement avec l’ancienneté). Surtout, les universités et Instituts de recherche doivent maintenant payer une partie des retraites de leurs employés. Du coup, le financement de l’Etat pour le fonctionnement des universités devient presque inférieur aux montants des salaires et pensions à payer.
Du fait de la situation nationale depuis deux années, le budget de l’État est voté tardivement. Le budget d’une université n’est consolidé qu’au printemps, et l’on découvre des baisses qui pourraient aller jusqu’à 10% du budget de fonctionnement des laboratoires et départements d’enseignement.
Que reste-il aux universités pour fonctionner ? Il reste les ressources propres (dont une partie des frais d’inscription) et le fond de roulement (l’argent économisé les années précédentes). Pour faire des économies, le Conseil d’Administration et la présidence envisagent de décaler le recrutement de fonctionnaires et de diminuer les emplois en CDD, qui concernent surtout des personnels exerçant des fonctions administratives, techniques, sociales et de santé (BIATSS). Cela veut dire une réduction des personnels. Il envisage aussi de diminuer le niveau de prise en compte des charges administratives des enseignant·es-chercheur·ses, pour éviter d’avoir à payer des heures supplémentaires.
Mais le vautour qui plane au dessus des universités est celui de l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es. Chaque année, nous voyons de nouvelles propositions arriver dans ce sens : faire payer les étudiant·es étranger·ères extra-communautaires, ou alors les étudiant·es des filières sélectives. Les grandes écoles se sont d’ores et déjà engouffrées dans ce nouveau modèle économique, qui remplace l’éducation pour tous par l’éducation pour les riches. À l’ÉNS Paris-Saclay, il faut maintenant payer pour s’inscrire au diplôme, et le prix est passé de 400 euros/an à 800 euros/an, avec une exonération pour les élèves non-fonctionnaires. CentraleSupelec propose une formation ingénieur à 5000 euros/an, mais aussi, en parallèle, un « Bachelor » à 44000 euros/an (13000 pour les étudiant·es européen·nes). De nombreuses personnes, y compris parmi les salariés à l’abri du besoin comme ceux et celles qui enseignent dans ces mêmes universités ne pourront pas payer de telles sommes ou devront faire de gros sacrifices pour y arriver. 
Nous pensons que les universités doivent refuser en bloc ces mesures d’austérité et refuser le choix qui nous est imposé : l’indigence ou la sélection par l’argent comme dans le privé. Il s’agit de se battre pied à pied pour la défense du service public d’enseignement supérieur qui a vocation à  accueillir toustes les étudiant·es titulaires du baccalauréat, indépendamment de leurs revenus et de ceux de leurs parents.