Le GT CSA sur les DGH allouées aux collèges et lycées essonniens pour la rentrée 2026 a eu lieu le jeudi 5 février : ce temps d’échanges avec l’Administration nous permet de vous présenter les règles appliquées par la DSDEN pour le calcul des DGH des établissements du département. Pour les collèges comme pour les lycées, aucune information n’a pour le moment été communiquée concernant les enveloppes d’IMP et les parts fonctionnelles du Pacte. Vous trouverez ci-dessous les nombreuses informations recueillies sur les DGH et les principes d’allocation retenus. Cet article sera complété après le CSA, qui aura lieu le jeudi 12 février. En attendant cette date, aucun CA ne peut se tenir dans les collèges et les lycées.

Les effectifs continuent d’augmenter dans le 2nd degré : les prévisions annoncent en effet 383 élèves supplémentaires en collège et 354 élèves supplémentaires en lycée par rapport aux effectifs constatés en 2025-2026.

 

En collège

Le principe d’allocation des moyens retenu par la DSDEN 91 est identique à 2025.

On distingue d’abord une dotation à la structure dont le coût représente le nombre de divisions, les dispositifs (ULIS, UPE2A, classe relais), les heures statutaires (UNSS, labo, etc.), les pondérations en REP+.

A ce coût structure s’ajoute une marge qualitative basée sur maximum trois éléments :
• l’Indice de Position Sociale (IPS) ;

Paliers IPS Heures
IPS < ou = 90 25
90 > IPS < ou = 104 10
104 > ou = IPS < ou = 110 5
IPS > 110 0


• pour l’éducation prioritaire, le financement de divisions supplémentaires sur un niveau (quand le E/D dépasse 26 en REP+ et 28 en REP) ;
• pour quelques établissements, un amortissement, destiné à encadrer l’évolution des dotations dans ce contexte de variation d’effectifs. Pour savoir si vous bénéficiez de cet amortissement, contactez le SNES-FSU 91 par mail à l’adresse snes91@versailles.snes.edu.

Ces variations d’effectifs conduisent à des changements de structure, encadrés par des principes contraignants qui ont pour effet de faire baisser les marges héritées des dotations précédentes.
• Si la structure reste identique à celle de 2025-2026 : chaque collège s’est vu soustraire jusqu’à 7 heures dans sa DGH par rapport à sa dotation initiale 2025.
• En cas de fermeture de division(s) : si une division est fermée, 38h maximum sont retirées ; si le collège perd 2 divisions, 67 heures maximum sont retirées ; si le collège perd 3 divisions, 96 heures maximum sont retirées.
• En cas d’ouverture de classe : on ajoute à sa dotation initiale 2025 au minimum 9 heures si on compte une division de plus, au minimum 27h pour deux divisions de plus, au minimum 45h pour trois divisions de plus, en respectant le financement complet de la structure.
La FSU continue de s’opposer à cette règle, très opaque et très injuste, appliquée chaque année, qui s’apparente à une reprise de moyens.

Comble du scandale cette année, le plan 800 collèges qui concerne une trentaine d’établissements en Essonne. A première vue, ce plan ne donne lieu à aucun moyen supplémentaire dans les DGH. Plus d’infos ici dans la prochaine mise à jour de cet article après le CSA jeudi 12 février.

 

En lycée

Comme en collège, les DGH sont composées d’un coût structure auquel s’ajoute une marge au titre de l’IPS. Voici les formules à connaître pour calculer cette marge :
Le calcul de cette marge est construit autour de trois valeurs : le poids d’un élève en heures, un coefficient de dotation et l’effectif prévisionnel de l’établissement.

Pour calculer le nombre d’heures de marge allouées à votre établissement, il faut donc appliquer la formule suivante : poids de l’élève x coefficient de dotation x effectif prévisionnel.

Pour les lycées généraux et technologiques, le poids de l’élève est de 0,0112 heures. Il existe, pour les LGT, trois tranches de répartition des établissements en fonction de leur IPS :
• quand l’IPS est supérieur à 121, le coefficient de dotation est de 0,9 ;
• quand l’IPS est compris entre 110,1 et 121, le coefficient de dotation est de 1,1 ;
• quand l’IPS est inférieur ou égal à 110, le coefficient de dotation est de 1,3.

Pour les lycées polyvalents, le poids de l’élève est de 0,0118 heures. Il existe, pour les LPO, quatre tranches de répartition des établissements en fonction de leur IPS :
• quand l’IPS est supérieur à 120, le coefficient de dotation est de 0,8 ;
• quand l’IPS est compris entre 103 et 120, le coefficient de dotation est de 0,9 ;
• quand l’IPS est compris entre 92,1 et 103, le coefficient de dotation est de 1,1 ;
• quand l’IPS est inférieur ou égal à 92, le coefficient de dotation est de 1,3.

Pour les lycées professionnels, le poids de l’élève est de 0,0031. Il existe, pour les LP, seulement deux tranches :
• quand l’IPS est supérieur à 90, le coefficient de dotation est de 0,9 ;
• quand l’IPS est inférieur ou égal à 90, le coefficient de dotation est de 1,1.

Alors qu’en collège, les dotations sont attribuées à la division (26+3 heures par division) et sont donc pensées par la DSDEN en fonction d’un E/D, l’analyse est un peu différente en lycée. Si le principe d’allocation retenu est le même (structure prévisionnelle + marge qualitative au titre de l’IPS), la dernière réforme du lycée général prévoit la dotation d’une marge réglementaire par division bien plus importante que les 3h des divisions de collège : cette marge sert à financer des dédoublements, mais aussi des groupes de spécialités supplémentaires et des options ; cette marge déconstruit le groupe classe et conduit à un autre modèle de lycée, fondé sur un parcours individualisé de l’élève.
Concernant le lycée professionnel, la réforme mise en place – que la FSU continue de rejeter en bloc – met les collègues en grande difficulté. C’est dans ce contexte tendu que s’ouvrent de nouvelles divisions sur le département, destinées à absorber la pression démographique et à accueillir un grand nombre d’élèves que la DSDEN peine chaque année à affecter.

Partout, les DGH lycées sont scandaleusement en baisse et cette baisse s’explique par des choix politiques que la FSU dénonce avec la plus grande fermeté. Comme l’an dernier, dans les trois types de lycées (LGT-LPO-LP), le poids de l’élève est en nette baisse, ce qui conduit à faire baisser considérablement les marges au titre de l’IPS. Cette mesure a pour conséquence une perte d’heures non négligeable dans bon nombre de lycées qui voient pourtant leur effectif augmenter : dans ces conditions, comment faire face à la dégradation du climat scolaire induite par l’augmentation d’effectif, si on baisse la marge IPS des établissements ? Cette mesure est condamnable aussi et surtout parce qu’elle montre explicitement le refus du Rectorat de prendre en charge les inégalités sociales et scolaires pourtant en hausse constante dans l’Essonne.