Le GT CSA et le CSA sur les DGH allouées aux collèges et lycées essonniens pour la rentrée 2026 ont eu lieu les jeudi 5 et 12 février : ces temps d’échanges avec l’Administration nous permettent de vous présenter les règles appliquées par la DSDEN pour le calcul des DGH des établissements du département. Pour les collèges comme pour les lycées, aucune information n’a pour le moment été communiquée concernant les enveloppes d’IMP et les parts fonctionnelles du Pacte. Vous trouverez ci-dessous les nombreuses informations recueillies sur les DGH et les principes d’allocation retenus. Aucun CA ne peut se tenir dans les collèges et les lycées avant la date du 12 février.

Les effectifs continuent d’augmenter dans le 2nd degré : les prévisions annoncent en effet 383 élèves supplémentaires en collège et 354 élèves supplémentaires en lycée par rapport aux effectifs constatés en 2025-2026.

 

En collège

Dans l’Essonne, en collège, ce sont 383 élèves supplémentaires par rapport aux constats 2025 qui sont attendus à la rentrée 2026. Pour absorber cette hausse de la démographie scolaire, la Direction Académique délègue aux établissements une enveloppe globale de DGH supérieure de seulement 13h à l’enveloppe réellement consommée sur l’année 2025-2026. Un nouveau collège ouvrira pourtant ses portes en septembre, à Wissous. Le principe d’allocation des moyens retenu par la DSDEN 91 est, en apparence, identique à 2025. La FSU vous décrypte ci-dessous cette nouvelle politique qui a tout l’air d’une réforme qui ne dit pas son nom.

Comble du scandale cette année, le plan 800 collèges qui concerne une trentaine d’établissements en Essonne. Le SNES-FSU analyse ce dispositif dans un article approfondi, que vous pouvez consulter ici. A première vue, ce plan ne donne lieu à aucun moyen supplémentaire dans les DGH. Mais conjugué à l’abandon de la réforme du Choc des Savoirs, il modifie en profondeur la politique d’allocation des moyens menée par la DSDEN.

On distingue d’abord, comme les années passées, dans chaque DGH une dotation à la structure et une marge qualitative.

Le coût structure représente :

  • le nombre de divisions à 30 élèves (25h par classe de 6è et 26h par classe pour les autres niveaux + 3h de marge par classe),
  • les dispositifs (ULIS, UPE2A, classe relais),
  • les heures statutaires (UNSS, labo, etc.),
  • les pondérations en REP+.

Cette dotation à la structure est, cette année, en nette baisse, alors que les effectifs augmentent et qu’on compte 17 divisions de plus financées par rapport à l’année scolaire 2025-2026. Cette baisse s’explique par l’abandon des groupes de niveaux du Choc des Savoirs en 6è et 5è dont les heures dédiées ont été retirées des structures. A noter aussi le retrait des structures des heures dédiées au soutien pour les 4è et 3è. Toutes ces heures récupérées sont donc réinjectées dans une autre enveloppe qui compose les DGH : celle de la marge qualitative.

A ce coût structure s’ajoute une marge qualitative basée sur maximum quatre éléments :

1. Nouveauté cette année : une marge au titre de la difficulté scolaire. Cette marge est composée d’une première enveloppe que seuls les 30 collèges intégrant le plan « 800 collèges » peuvent toucher. Pour chaque collège concerné, il s’agit de quelques heures attribuées en fonction des résultats au brevet et aux évaluations nationales (l’enveloppe est d’environ 150h réparties sur les 30 collèges). Une deuxième enveloppe est, quant à elle, donnée à tous les collèges du département et calculée pour 50% en fonction des effectifs et pour 50% en fonction de la difficulté scolaire évaluée dans l’établissement. La FSU n’a pas manqué de dénoncer le plan « 800 collèges » très stigmatisant et la grande opacité des règles de calcul présentées.

2. Comme les autres années, une marge au titre de l’Indice de Position Sociale (IPS). Le tableau ci-dessous vous permet de savoir, en fonction de l’IPS de votre établissement, de combien d’heures de marge vous disposez.

Paliers IPS Heures
IPS < ou = 90 25
90 > IPS < ou = 104 10
104 > ou = IPS < ou = 110 5
IPS > 110 0

3. Comme les autres années, pour l’éducation prioritaire, le financement de divisions supplémentaires sur un niveau, quand le E/D dépasse 26 en REP+ et 28 en REP ou en AEP.

4. Comme les autres années, pour quelques établissements, un amortissement, destiné à encadrer l’évolution des dotations dans ce contexte de variation d’effectifs. Pour savoir si vous bénéficiez de cet amortissement, contactez le SNES-FSU 91 par mail à l’adresse snes91@versailles.snes.edu. Ces variations d’effectifs conduisent à des changements de structure, encadrés par des principes contraignants qui ont pour effet de faire baisser les marges héritées des dotations précédentes.
Si la structure reste identique à celle de 2025-2026 : chaque collège s’est vu soustraire jusqu’à 7 heures dans sa DGH par rapport à sa dotation initiale 2025.
En cas de fermeture de division(s) : si une division est fermée, 38h maximum sont retirées ; si le collège perd 2 divisions, 67 heures maximum sont retirées ; si le collège perd 3 divisions, 96 heures maximum sont retirées.
En cas d’ouverture de division(s) : on ajoute à sa dotation initiale 2025 au minimum 9 heures si on compte une division de plus, au minimum 27h pour deux divisions de plus, au minimum 45h pour trois divisions de plus, en respectant le financement complet de la structure.
La FSU continue de s’opposer à cette règle, très opaque et très injuste, appliquée chaque année, qui s’apparente à une reprise de moyens.

La FSU met en garde tous les collèges sur ces nouvelles règles. Si, en apparence, les DGH des établissements sont construites avec globalement les mêmes volumes horaires, les principes énoncés ci-dessus donnent lieu à une baisse très nette du coût structure et à une augmentation très importante de la marge qualitative. Ce changement représente politiquement un grand virage, très dangereux ! Tout ce qui est dans les structures est normalement de la responsabilité du ministère, mais tout ce qui bascule dans la marge relève de l’autonomie de l’établissement. En choisissant de mettre sur la marge tout ce qui est nécessaire pour résorber la  difficulté scolaire, l’Administration choisit donc de faire porter la responsabilité de cette question sur l’établissement. Dans ces conditions, qu’en sera-t-il l’année prochaine si les résultats des élèves n’augmentent pas ? Dira-t-on que les moyens supplémentaires n’auront servi à rien ? Reprendra-t-on ces moyens ? Considérera-t-on que les équipes auront fait les mauvais choix et qu’il faudra recadrer leurs pratiques professionnelles, au détriment de la liberté pédagogique ?

 

En lycée

Dans l’Essonne, en lycée, ce sont 354 élèves supplémentaires par rapport aux constats 2025 qui sont attendus à la rentrée 2026. Pour absorber cette hausse de la démographie scolaire, la Direction Académique délègue aux établissements une enveloppe globale de DGH inférieure de 512h à l’enveloppe réellement consommée sur l’année 2025-2026. Rappelons que cette baisse des moyens a lieu dans un contexte spécifique : les lycées essonniens subissent depuis des années une pression importante du fait des difficultés de notre institution à scolariser effectivement tous les lycéens de notre département. Les principes d’allocation retenus pour les lycées pour la rentrée prochaine sont strictement les mêmes que ceux appliqués l’année dernière, à ceci près qu’on constate encore une baisse inadmissible de la marge au titre de l’IPS. La FSU vous explique.

Comme en collège, les DGH sont composées d’un coût structure auquel s’ajoute une marge au titre de l’IPS. Voici les formules à connaître pour calculer cette marge :
Le calcul de cette marge est construit autour de trois valeurs : le poids d’un élève en heures, un coefficient de dotation et l’effectif prévisionnel de l’établissement.

Pour calculer le nombre d’heures de marge allouées à votre établissement, il faut donc appliquer la formule suivante : poids de l’élève x coefficient de dotation x effectif prévisionnel.

Pour les lycées généraux et technologiques, le poids de l’élève est de 0,0112 heures. Il existe, pour les LGT, trois tranches de répartition des établissements en fonction de leur IPS :
• quand l’IPS est supérieur à 121, le coefficient de dotation est de 0,9 ;
• quand l’IPS est compris entre 110,1 et 121, le coefficient de dotation est de 1,1 ;
• quand l’IPS est inférieur ou égal à 110, le coefficient de dotation est de 1,3.

Pour les lycées polyvalents, le poids de l’élève est de 0,0118 heures. Il existe, pour les LPO, quatre tranches de répartition des établissements en fonction de leur IPS :
• quand l’IPS est supérieur à 120, le coefficient de dotation est de 0,8 ;
• quand l’IPS est compris entre 103 et 120, le coefficient de dotation est de 0,9 ;
• quand l’IPS est compris entre 92,1 et 103, le coefficient de dotation est de 1,1 ;
• quand l’IPS est inférieur ou égal à 92, le coefficient de dotation est de 1,3.

Pour les lycées professionnels, le poids de l’élève est de 0,0031. Il existe, pour les LP, seulement deux tranches :
• quand l’IPS est supérieur à 90, le coefficient de dotation est de 0,9 ;
• quand l’IPS est inférieur ou égal à 90, le coefficient de dotation est de 1,1.

Alors qu’en collège, les dotations sont attribuées à la division (26+3 heures par division) et sont donc pensées par la DSDEN en fonction d’un E/D, l’analyse est un peu différente en lycée. Si le principe d’allocation retenu est le même (structure prévisionnelle + marge qualitative au titre de l’IPS), la dernière réforme du lycée général prévoit la dotation d’une marge réglementaire par division bien plus importante que les 3h des divisions de collège : cette marge sert à financer des dédoublements, mais aussi des groupes de spécialités supplémentaires et des options ; cette marge déconstruit le groupe classe et conduit à un autre modèle de lycée, fondé sur un parcours individualisé de l’élève.
Concernant le lycée professionnel, la réforme mise en place – que la FSU continue de rejeter en bloc – met les collègues en grande difficulté. C’est dans ce contexte tendu que s’ouvrent de nouvelles divisions sur le département, destinées à absorber la pression démographique et à accueillir un grand nombre d’élèves que la DSDEN peine chaque année à affecter. Comme l’an dernier, la DSDEN fait le choix de conserver 735 heures en réserve pour ouvrir, comme chaque année, en juillet, les 2ndes Avenir. La FSU continue de dénoncer l’existence et l’organisation de ces classes qui accueillent tous les élèves non affectés en fin d’année dans la voie professionnelle. L’Administration crée des classes dérogatoires, qui concentrent toutes les difficultés scolaires, au lieu d’ouvrir davantage de structures dans les filières en tension des lycées professionnels et polyvalents.

Partout, les DGH lycées sont scandaleusement en baisse et cette baisse s’explique par des choix politiques que la FSU dénonce avec la plus grande fermeté. Comme l’an dernier, dans les trois types de lycées (LGT-LPO-LP), le poids de l’élève est en nette baisse, ce qui conduit à faire baisser considérablement les marges au titre de l’IPS. Cette mesure a pour conséquence une perte d’heures non négligeable dans bon nombre de lycées qui voient pourtant leur effectif augmenter : dans ces conditions, comment faire face à la dégradation du climat scolaire induite par l’augmentation d’effectif, si on baisse la marge IPS des établissements ? Cette mesure est condamnable aussi et surtout parce qu’elle montre explicitement le refus du Rectorat de prendre en charge les inégalités sociales et scolaires pourtant en hausse constante dans l’Essonne.

Pour toutes ces raisons et parce qu’il est plus que jamais urgent de réagir, la FSU 91 – avec la FSU Île-de-France – appelle à une mobilisation régionale de grande ampleur le mardi 17 février. Vous trouverez toutes les informations concernant cette mobilisation dans cet article.