Dans l’Essonne, pas de bac, pas de lycée ?

Dans l’Essonne, pas de bac, pas de lycée ?

2018-10-08T18:02:40+00:008 octobre 2018|Catégories : À LA UNE|Mots-clés : |

Dans l’Essonne, pas de bac, pas de rentrée ?

L’ « école de la confiance », alpha et oméga du discours de M. Blanquer, est celle qui claque la porte au nez des doublants de terminale. Dans l’Essonne, plusieurs dizaines d’élèves étaient encore sans lycée à la mi-septembre. A la fin du mois, certaines familles étaient en colère, désespérées, prêtes à saisir le tribunal administratif.

Le problème n’est pas nouveau. Durant l’année scolaire 2017-2018, les élus du SNES-FSU étaient intervenus en Comité Technique Académique pour dénoncer cette situation. Le Rectorat s’était alors engagé à mieux anticiper les flux d’élèves. Mais la logique économique d’ « optimisation » des moyens, la « chasse à la place vacante » dans les salles de classe, sont restées la règle. Ainsi, lors de la préparation de la rentrée scolaire suivante (les moyens prévisionnels sont attribués aux établissements en janvier), les structures sont toujours calculées au plus juste : bon nombre de lycées n’ont pas ou n’ont que peu de places prévues pour accueillir les doublants, l’objectif à peine caché étant de faire des économies. Pour certains lycées comme celui de Bondoufle, il était certain, compte tenu du nombre de divisions prévu en janvier, qu’aucun élève échouant au baccalauréat n’aurait de place si la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale) n’augmentait pas les capacités d’accueil dans la filière. Résultat : on comptait encore à la mi-septembre, dans cet établissement, une quinzaine de doublants de terminale sans affectation.

Les dispositions réglementaires prévoient pourtant le droit des élèves à redoubler dans leur lycée d’origine (décret n° 2015-1351 du 26 octobre 2015 ; l’article D. 331-42 du code de l’éducation prévoit désormais que « tout élève ayant échoué à l’examen du baccalauréat […] se voit offrir, à la rentrée scolaire qui suit cet échec, en vue de préparer cet examen, le droit à une nouvelle inscription dans l’établissement dont il est issu, le cas échéant selon des modalités adaptées au niveau des connaissances et compétences qu’il a acquises dans les matières d’enseignement correspondant aux épreuves de l’examen« ).

Après un été fait de doute et d’attente interminable pour les élèves, dont certains ont abandonné l’espoir de refaire une année (futurs « candidats libres ») ou se sont tournés vers le privé, la DSDEN de l’Essonne a fini par créer des classes de doublants, ou des MOREA (modules de repréparation à certaines épreuves), quelques semaines après la rentrée, comme au lycée du Parc des Loges à Evry, au lycée Rosa Parks à Montgeron, au lycée Ader à Athis-Mons. Ces dispositifs sont créés à la va-vite, sans aucune considération pour les personnels (à qui l’on propose de prendre une classe en plus en heures supplémentaires). Certains MOREA ont d’ailleurs été ouverts sans que l’on ait les enseignants pour assurer les cours (faisant perdre encore de précieuses journées de cours aux élèves concernés).

Certains élèves se sont vus proposer des affectations dans des lycées lointains (ainsi, une élève de Montgeron a été invitée à s’inscrire dans un lycée d’Arpajon, soit environ 3h de transports en commun aller-retour !). Pour certains élèves de Bondoufle, c’est le lycée Ader d’Athis-Mons qui a été proposé, soit 2h30 de transports par jour, avec début des cours à 8h, puis un long trou en milieu de journée. Est-ce ainsi que l’on prétend remotiver et faire réussir des élèves en manque de confiance, qui viennent d’échouer au baccalauréat ?

Alors que le recteur de l’Académie de Versailles clamait sur tous les toits sa « sérénité » à la rentrée 2018 (il faut dire qu’il était sur le départ), bon nombre d’élèves de l’Essonne garderont en mémoire le souvenir d’une institution qui a préféré compter ses heures plutôt que de leur permettre de recommencer une année dans de bonnes conditions. Une situation tout simplement scandaleuse.

Communiqué de presse SNES-FSU 91 / FSU 91

Évry, le 8 octobre 2018

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