FSU Essonne

Rentrée 2014 : pas d’amélioration des DHG dans les collèges, dégradation inquiétante dans les lycées de l’Essonne

samedi 25 janvier 2014 par Webmestre

Déclaration de la FSU 91 au CTSD du 24 janvier 2014

"Monsieur l’Inspecteur d’académie - directeur académique,

Le CTSD de l’Essonne se réunit aujourd’hui pour examiner les moyens accordés aux établissements du 2d degré à la prochaine rentrée. Vous le savez, les attentes des personnels sont grandes : amélioration des condition de travail et d’enseignement, maintien de la diversité de l’offre de formation, réduction des effectifs dans les classes, afin de pouvoir innover sur le plan pédagogique et de mieux suivre, dans le cadre des cours, les élèves fragiles. Pourtant, au regard des documents fournis, le sentiment de déception perdure.

Collèges : statu quo

Pour les collèges et les SEGPA, nous observons certes une légère hausse de la dotation accordée au département (+ 270 heures). Cependant, les effectifs prévus augmentent également (+ 113 élèves) et vous avez fait le choix de garder plus d’heures dans la réserve (586 heures contre 394 heures l’an dernier) : si cela devrait faciliter les ajustements éventuels en juin, en revanche cela ne permettra pas de créer beaucoup de postes lors du CT de carte scolaire et surtout le H/E (le nombre d’heures divisé par le nombre d’élèves) initial des collèges et SEGPA reste identique à celui de l’an dernier : 1,22. Les collèges ne sont donc pas significativement mieux dotés qu’en janvier dernier, et ce, après plusieurs années de diminution drastique des DGH.

Les taux d’HSA restent aussi élevés que l’an dernier  : or ces HSA , souvent imposées aux enseignants, alourdissent la charge de travail des enseignants. Quand elles sont acceptées, ce n’est le plus souvent qu’un pis-aller pour faire face à la baisse du pouvoir d’achat causé par le gel du point d’indice depuis 4 ans. Pour combler la pénurie d’enseignants, il est urgent de revaloriser rapidement le métier d’enseignants.

Lycées : refondation Peillon = dégradation générale des H/E !

Pour les lycées, toutes voies confondues, la dotation accordée par l’académie au département est moins bonne que l’an dernier puisque le H/E est de 1,619 contre 1,604 l’an dernier. L’augmentation du nombre d’heures (+ 668 h) est trop faible pour 841 élèves supplémentaires.

Presque tous les lycées généraux et technologiques et lycées polyvalents voient leur H/E baisser sensiblement. Leur H/E initial baisse de 1,522 à 1,501 et la réserve est encore plus faible que l’an dernier ! La situation est inquiétante, d’autant que les prévisions d’effectifs semblent clairement minorées : les doublants de terminale ne sont pas inclus, des changements de structure qui avaient eu lieu pour le niveau de 2de ne sont pas pris en compte dans la montée pédagogique en 1ère à la rentrée 2014, certaines structures sont étriquées... Ces premiers signes d’alerte dont nos collègues nous font part ne peuvent être ignorés.

La conjonction de ces trois éléments - insuffisance de la dotation, faiblesse de la réserve, minoration manifeste des effectifs - laisse augurer une année 2014-2015 bien difficile : des classes toujours pleines à craquer, des attaques contre les options facultatives (on nous signale déjà au Lycée Marcel Pagnol d’Athis-Mons que les sections européennes sont menacées), des regroupement anti-pédagogiques, une réduction drastique de la diversité de l’offre d’enseignement d’exploration. Les pistes de réflexion suggérées par l’administration ressemblent surtout à des techniques de gestion de la pénurie : c’est la chasse aux classes qui ne sont pas remplies. Notre ministre poursuit la réforme Chatel du lycée, qui permet surtout de faire des économies au détriment d’une véritable réforme ambitieuse du lycée.

Pour les lycées professionnels, il n’y a pas de grande amélioration constatée. En effet, si le H/E initial est légèrement supérieur cette année (2,108 contre 2,058), les LP qui perdent de façon diffuse des élèves, sans modification de structure, seront dans l’obligation de pratiquer des regroupements de classe dans les enseignements généraux, voire de niveaux différents dans les matières professionnelles pour « tenir » leur DGH. Ces regroupements pourraient toucher tous les niveaux, et même les classes fragiles, comme les CAP qui regroupent principalement des élèves de SEGPA, mélangés parfois avec des élèves de 3ème générale, ou des sortants de CLA (élèves relevant du FLE), voire d’ULIS (handicapés). La FSU attend davantage d’ambition pour la voie professionnelle.

Education prioritaire : ça commence vraiment timidement...

La réforme de l’Éducation Prioritaire vient d’être présentée comme une réforme phare du gouvernement, après celle des rythmes scolaires. Si pour la FSU, certaines annonces vont dans le bon sens (davantage de formation, de temps de discussion et de travail en équipe), la mise en œuvre sur le terrain semble plus décevante. Ainsi, seuls deux collèges de l’Essonne sur 8 ECLAIR et 14 autres RRS vont bénéficier de la pondération de 1,1, permettant à un professeur certifié de faire 16h30 devant élèves, tout en laissant du temps de concertation avec ses collègues. La revendication unanime d’une baisse significative des effectifs, exprimée à l’occasion des Assises de l’Éducation prioritaire, semble purement ignorée. Tout cela laisse songeur. Certes, la prochaine année scolaire est, nous dit-on, celle de l’expérimentation, mais comment interpréter ce nombre dérisoire d’établissements concernés : manque de moyens, manque d’ambition ?

Suppression des FCIL à Evry : on délocalise vers le privé !

Ces dernières années, la rationalisation de la carte des formations, autrement dit la suppression de sections, était un outil privilégié par l’Administration pour supprimer des postes et atteindre les objectifs de réduction de la dépense publique fixée dans le cadre de la RGPP. Force est de constater que ces mauvaises habitudes perdurent avec la suppression annoncée de la FCIL du lycée Parc des Loges, à Évry. Son remplacement par un module de 3h de préparation aux concours en terminale ST2S, à partir de la rentrée 2014, n’est pas à la hauteur des exigences des différents concours du secteur social et para-médical. L’absence de préparation de proximité et qualité va obliger les élèves à se tourner vers une préparation privée (coût minimum :1600 euros) ou à changer de projet. La FSU ne peut accepter ce démantèlement d’une formation publique, qui participe à la réussite des élèves (le taux de réussite est de 90% au Parc des Loges), et vous demande donc, Monsieur l’inspecteur d’académie – directeur académique, de revenir sur la suppression de la FCIL du lycée Parc des Loges.

Vote de la répartition de la DGH et du TRMD pour le 12 février au plus tard

Pour terminer, nous remercions les services avec qui nous avons pu échanger lors du groupe de travail. Nous espérons vivement que dans les établissements, la qualité du dialogue sera la même, et que certains chefs d’établissement ne confondront pas « autonomie de l’établissement » avec « autonomie du chef d’établissement ». Les textes réglementaires qui prévoient la saisie du CA sur la répartition de la DGH et le vote du TRMD doivent être respectés. En bonne logique cartésienne, pour pouvoir faire un TRMD, il faut avoir ventilé les heures de la DGH en fonction des besoins dans les différentes disciplines. C’est donc maintenant, et avant le 12 février, date de remontée des TRMD que vous avez fixée, que les CA doivent se tenir.

Monsieur l’inspecteur d’académie – directeur académique, cette rentrée 2014, sur le plan des moyens, n’est pas meilleure que la précédente. Pour les lycées, elle se présente même moins bien. Lors du bilan de rentrée cet automne, vous nous avez dit qu’il fallait patienter, que nous n’étions qu’au début du quinquennat. Nous vous rappelons qu’un quinquennat ne dure que cinq ans ."










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