FSU Essonne

Rentrée 2014 dans l’Essonne : la "Refondation" a du plomb dans l’aile

mardi 11 mars 2014 par Webmestre

Déclaration de la FSU au CDEN du 13 février 2014

Monsieur le Préfet, Monsieur l’inspecteur d’académie - directeur académique,

Trois semaines après le CTSD consacré à la préparation de la rentrée dans le second degré, la plupart des établissements ont tenu leur commission permanente et leur CA. Durant ces trois semaines, le mécontentement s’est installé dans les salles des professeurs, les mobilisations se sont multipliées, les demandes d’audience affluent, appuyées par les élus et les parents d’élèves. La raison en est simple : la rentrée 2014 ne verra aucune amélioration significative des conditions d’enseignement et de travail dans les lycées comme dans les collèges.

Vous nous direz que la dotation pour les collèges est en augmentation, et c’est vrai qu’elle augmente de 270 heures. Cependant, les effectifs augmentent aussi, et au final le H/E initial des collèges se maintient à 1.22. Vous l’avez dit en CTSD : "la situation ne se dégrade pas". On mesure bien à travers cette sentence l’ampleur de la « Refondation ».

Les collèges ne sont pas significativement mieux dotés qu’en janvier dernier, alors même qu’ils ont été durement ponctionnés pendant le précédent quinquennat. De plus, ce H/E moyen cache des situations très disparates : seuls 9 collèges voient leur H/E augmenter, tandis que 46 collèges connaissent une baisse de leur H/E.

Cela se traduit concrètement par un retour aux horaires planchers, la disparition des dédoublements ou de dispositifs propres à certains établissements. Ainsi, au collège Condorcet, à Dourdan, on ne comptera plus aucun groupe en SVT et physique-chimie en 5ème, 4ème et 3ème. Les sciences n’auront d’ « expérimentales » que le nom. Au collège Louise Weiss, à Nozay, les élèves vont perdre des dédoublements en physique-chimie, des ateliers d’anglais de 5ème, des ateliers de français, d’histoire-géographie et de mathématiques en 4ème. Et ce, après 4 années durant lesquelles ce collège a perdu l’allemand, le grec, le portugais, la classe SAS et le dispositif École ouverte. Vos paroles rassurantes, Monsieur le Directeur Académique, lors du CDEN de bilan de rentrée, nous reviennent en mémoire : « le second degré n’est pas oublié, il faut être patient ». Mais comme le disait votre humoriste préféré, « quand je vois ce que je vois et que j’entends ce que j’entends, je suis bien content de penser ce que je pense ».

Le décalage entre le discours et les actes est tout aussi frappant en ce qui concerne l’Éducation Prioritaire. Le 16 janvier dernier, le Ministre affirmait "tout ce que nous voulons, c’est faire plus et mieux", tout en assurant qu’aucun réseau ne serait perdant. Comment comprendre alors que le collège la Vallée à Epinay-sous-Sénart, établissement ECLAIR, ait vu sa DGH diminuer de 47 heures, voyant ainsi certains de ses dispositifs spécifiques, comme l’option bi-langue en 6ième/5ième, le grec, le latin, la section européenne, dangereusement menacés ? Est-ce parce que la réforme doit se faire à moyens constants ? Comment comprendre ce manque d’ambition de ce gouvernement pour l’Éducation prioritaire ?

Un mot maintenant sur les lycées où la situation est pire, puisque le H/E de pratiquement tous les lycées se dégrade, entraînant ici des fermetures d’options (lycée Pagnol, lycée Brassens), là des regroupements anti-pédagogiques (lycée Rosa Parks), ou encore des pressions aux HSA. Le chef d’établissement du Lycée Pagnol d’Athis-Mons affirme que vous lui avez demandé de fermer un poste d’italien et un poste d’allemand. Est-ce cela l’autonomie des établissements ? Est-ce l’ambition de ce gouvernement de limiter l’enseignement des langues à celui de l’anglais et de l’espagnol ?

La FSU soutient donc sans réserve les revendications des personnels qui étaient en grève aujourd’hui et ces derniers jours : collège Jean Zay de Morsang-sur-Orge, lycée Brassens de Courcouronnes, lycée Pagnol d’Athis-Mons, collège la Vallée d’Epinay-sous-Sénart, Lycée Nadar de Draveil : nous exigeons un plan d’urgence pour la rentrée 2014, afin que le service public de l’Education puisse répondre aux besoins.

Concernant le premier degré, il va être demandé l’avis du CDEN sur la conformité des propositions d’organisation horaire hebdomadaire nouvellement arrivées. Quatre écoles encore seraient en régime dérogatoire.

Le décret 2013-77 du 24 janvier 2013 précise : « Le directeur académique des services de l’éducation nationale peut donner son accord à une dérogation aux dispositions du deuxième alinéa de l’article D. 521-10 lorsqu’elle est justifiée par les particularités du projet éducatif territorial et que l’organisation proposée présente des garanties pédagogiques suffisantes. »

Le CDEN ne peut raisonnablement pas se prononcer sur la conformité au décret de ces projets dans la mesure où :
1) La procédure de consultation n’a pas été respectée : le Comité Technique Spécial Départemental n’a pas été consulté.
2) Aucun PEDT pour les communes demandant une dérogation n’a été présenté.
3) Les communes reçoivent votre accord de dérogation avant même l’envoi de tout PEDT si l’on se réfère à un courrier du 8 janvier 2014 – dont la copie était consultable sur le net - dans lequel vous écrivez : « L’organisation est dérogatoire puisqu’une journée sur deux excède le format de 5h30 défini par le décret du 24 janvier 2013, suivant le schéma ci-dessous : la journée d’un format de 6h00 (mardi et vendredi) et de 4h30 (lundi et jeudi), la matinée de3 heures le mercredi matin. Dans l’attente de recevoir l’avant-projet éducatif territorial, je valide ce dispositif dérogatoire. Il vous appartient donc de poursuivre votre réflexion sur le contenu des activités et l’articulation des temps scolaires et périscolaires. » Pour la commune en question, il est clair que sans PEDT le projet présenté lors du dernier CDEN n’était donc pas conforme. Y en aurait-il d’autres ?

Pour terminer, il se confirme que le gouvernement étudie le gel de l’avancement des fonctionnaires dans le cadre des pistes d’économies budgétaires. Monsieur Peillon et hier Monsieur Le Roux contredisent la parole de Mme Lebranchu, ministre de la Fonction Publique, qui déclarait en janvier que les salaires des fonctionnaires ne seraient pas gelés jusqu’en 2017. Nous nous posons la question : y a-t-il encore un pilote dans l’avion ?

Après avoir poursuivi le gel du point d’indice des fonctionnaires, divisé par deux les mesures catégorielles et réduit l’action sociale interministérielle, le gouvernement, avec le blocage des avancements automatiques toucherait, de manière inédite, à la mécanique même de la rémunération des agents publics. Est-ce ainsi, en continuant à dévaloriser la profession, que peut s’effectuer la refondation de l’École publique ? Est-ce ainsi que l’on va recruter les personnels qui nous manquent ? Est-ce ainsi que l’on prête attention au dévouement des agents du service public ? Nous le clamons haut et fort, si le gouvernement s’engage dans cette voie, la FSU et les personnels répondront par une mobilisation puissante à ce casus belli.










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