FSU Essonne

Premier bilan de la rentrée scolaire 2014 dans l’Essonne

mardi 7 octobre 2014 par Webmestre

Ce CDEN ayant pour objet de tirer un premier bilan de la rentrée, la FSU 91 constate que la situation difficile vécue depuis des années ne s’est guère améliorée. Malgré une dotation non négligeable, les enseignant(e)s de ce département n’ont pu constater d’amélioration des conditions de travail, notamment au niveau des effectifs de classe toujours aussi chargées.

Dans le premier degré, la rentrée a été marquée par la généralisation des « nouveaux rythmes ». Que les collègues aient été favorables ou non à la réforme, force est de constater qu’ils ont été pris entre le marteau et l’enclume et placé(e)s seul(e)s en première ligne pour affronter les mécontentements.

Le refus de certains maires a eu pour conséquence de mettre les enseignant(e)s concerné(e)s dans une situation aberrante puisqu’ils/elles avaient reçu l’ordre de rester sur le trottoir jusqu’à une hypothétique ouverture. Pire, un maire a demandé aux parents de venir à 9h00 au lieu de 8h30 et a procédé à l’appel des élèves le jour de la rentrée.

Dans certaines communes, les relations entre les équipes pédagogiques et les municipalités se sont tendues davantage. Certains élus en prennent à leur aise avec les enseignant(e)s. Ainsi dans une commune, les collègues ont dû garder les enfants de 15h00 à 16h30 pendant 2 jours car le Maire avait communiqué à ses administrés que l’école se terminait à 16h30, les parents s’étonnant qu’ils ne soient pas en classe. Dans une autre, un document stipule que l’école se termine entre 16h00 et 16h10, les animateurs arrivant avec 10 minutes de retard de surcroît. Dans une troisième, la municipalité fait pression pour qu’un texte remettant en cause la neutralité de l’école soit diffusé et s’enquiert de savoir qui a ou n’a pas diffusé le document. Dans une quatrième, un directeur général des services a publiquement diffamé les enseignants lors d’un Conseil Municipal. Nous demandons solennellement que soient rappelés à ces élu(e)s de la République que nous sommes des fonctionnaires d’Etat et, à ce titre non assujettis à leurs décisions ou diktats. Nous réclamons aussi, de leur part, le respect qui nous est dû.

Plus généralement, le passage temps scolaire/périscolaire contraint les collègues à assumer des taches qui ne sont pas de leur ressort et à rester toujours plus longtemps au portail en dehors de leurs obligations de service, ce qui engage leur responsabilité personnelle en cas d’accident. Nous exigeons, ainsi que l’a déjà exprimé le SNUipp-FSU 91 lors de la négociation sur le préavis de grève, que notre administration énonce clairement, et dans la conformité des textes, les conditions d’un partenariat équilibré avec les communes, qui soit appliqué à l’ensemble du département de manière homogène. Il faut donner aux collègues les éléments réglementaires qui les encadrent et les protègent .Le sentiment aujourd’hui exprimé est davantage le ras-le-bol d’une gestion "au gré des évènements" que celui de la réalisation d’un projet réfléchi.

Par ailleurs, il est essentiel que la confidentialité du fonctionnement administratif de l’école soit garantie. Au niveau local, les directeurs et directrices doivent être administrateurs de l’ordinateur qui leur est fourni. Des écrits confidentiels y sont stockés. L’utilisation d’un logiciel de contrôle à distance par les services municipaux n’offre aucune assurance de l’usage qui en est fait. Dans le même ordre d’idée, la présence de caméras de vidéo-surveillance à l’intérieur des écoles pose elle-aussi le problème de sa non-utilisation en temps scolaire qui n’est certifiée que par les dires de ses utilisateurs.

Enfin, nous tenons à informer le CDEN de l’inquiétude et des questions de collègues travaillant dans des communes qui souhaitent déjà modifier l’organisation hebdomadaire. Ils/elles craignent de devoir faire une seconde rentrée, sans avoir été consulté(e)s naturellement. Des négociations avec les mairies de Yerres et Janvry, et d’autres peut-être, sont en cours. Les réponses apportées par Monsieur l’Inspecteur d’Académie à la CAPD du 18 septembre ne sont pas en mesure de lever les inquiétudes : pourquoi négocier un décalage de cinq minutes avec le Maire alors que cela fait partie de ses prérogatives ? Les modifications n’interviendraient pas tout de suite. La semaine prochaine sans doute pas mais après les vacances de Toussaint ou les vacances de Noël ? En faisant exploser le cadre national d’organisation du service public d’éducation, le ministère a lui-même désorganisé des services et mis ses personnels dans une situation de fragilité et de stress nocive au bon fonctionnement de l’école.

Concernant le second degré, nous aurons l’occasion de reparler des conditions de la rentrée dans un CDEN ultérieur. Mais dès maintenant, de nombreux éléments montrent que, loin d’être techniquement réussie, cette rentrée est, à tous les points de vue, très difficile : les créations de postes ont été insuffisantes pour faire face à la poussée démographique, et les classes surchargées, parfois même en Éducation Prioritaire, sont restées la norme. Face au nombre important et inquiétant de postes non pourvus, notamment en mathématiques et en technologie, le mois de septembre est toujours synonyme de grande débrouille : activation des réseaux personnels, annonces sur Pôle Emploi (on en compte déjà 5), en attendant la désormais traditionnelle annonce sur le Bon Coin, tous les moyens sont utilisés pour faire face à l’incapacité de l’Education Nationale à assurer la continuité du service public dans les collèges et les lycées. Enfin, des élèves doublants de terminale n’ont toujours pas commencé leur année scolaire, ou alors seulement aujourd’hui, faute de classes et/ou de professeurs pour les accueillir. Au Lycée François Truffaut de Bondoufle, des élèves de TES ont fait leur rentrée en cette belle journée automnale du 30 septembre, et sans professeur de philosophie, ni d’histoire-géographie. Cette situation, comme bien d’autres, est tout simplement scandaleuse : elle résulte de votre politique d’optimisation et de rationalisation des moyens poussée à l’extrême. Elle n’est pas digne d’un service public de qualité, qui se fixe pour objectif la réussite de tous.










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