FSU Essonne

Déclaration de la FSU 91 au CDEN du 26 septembre 2016

mardi 27 septembre 2016 par Webmestre

Déclaration de la FSU 91 au CDEN du 26 septembre 2016

Madame la Préfète, Madame la Vice-Présidente, Monsieur le Directeur académique,

"Ce premier CDEN depuis la rentrée se tient dans un contexte bien compliqué pour l’Éducation nationale et les enseignants : le métier n’attire plus ou pas assez : les concours ne font pas le plein, et dès la fin du mois d’août, le rectorat et la DSDEN devaient chercher des contractuels pour pallier le nombre insuffisant de titulaires, dans le 1er degré, ainsi que dans le 2d degré dans un grand nombre de matières (mathématiques, histoire-géo, espagnol, etc). De nombreux postes ne sont pas pourvus, ou bien des collègues peu préparés à l’enseignement sont propulsés devant les classes et en sortent parfois fort désemparés. Les effectifs par classe restent très importants dans le 1er comme le second degré, car les créations de postes (163 postes dans le 1er degré par exemple) ne suffisent pas face à la double nécessité de répondre à la poussée démographique et, en même temps, à l’amélioration des conditions d’enseignement dans les classes. Dans le 1er degré, l’Essonne ne décollera pas de la dernière - ou des dernières - place du classement national relatif au nombre moyen d’élèves par classe.

Les réformes se sont aussi enchaînées ces dernières années sans que la profession soit écoutée (réforme des rythmes scolaires, réforme du collège) : actuellement, les équipes pédagogiques des collèges sont confrontées non seulement aux difficultés de mise en place d’une réforme toujours contestée, mais aussi à l’application de nouveaux programmes dans tous les niveaux. Les conditions de travail des TZR, particulièrement ceux qui sont affectés sur plusieurs établissements, majoritairement de jeunes collègues, en sortent nettement dégradées.

Dans les lycées, on continue à ouvrir des classes pour caser des élèves qui n’ont pas pu être inscrits dans leur établissement : des doublants de terminale, des élèves de 1ère STMG. Tout montre que le Ministère n’a pas anticipé sérieusement les conséquences de ses propres décisions, comme la fin du redoublement ou le droit pour les élèves de terminale de retrouver une place dans leur propre lycée. Le manque d’AVS/AESH est également criant ; nous demandons que la question soit abordée lors de cette instance. Par conséquent, si tout n’est pas noir partout, tout n’est cependant pas aussi mirifique que ce qui a été clamé par Madame la Ministre à la rentrée. Et les premiers à pâtir de cette situation, ce sont les élèves, et leur droit à bénéficier d’enseignements de qualité dans des conditions propices aux apprentissages.

Le contexte est aussi bien compliqué pour l’École avec les menaces bien réelles qui pèsent sur la sécurité dans et aux abords des écoles et établissements scolaires. Le climat est anxiogène, mais nous dénonçons aussi une communication pesante sur les risques d’intrusion, qui risque de tourner à la prophétie auto-réalisatrice. Sur ce point, nous demandons que la responsabilité de chaque partenaire de l’école – État, collectivités locales, école ou établissement - soit bien clarifiée et qu’une réelle formation avec des professionnels soit proposée.

En ce qui concerne la 2è partie de l’ordre du jour de ce CDEN [touchant aux compétences du Conseil départemental de l’Essonne, NDLR], nous constatons que ce qui a pu être dit lors des dernières séances n’a toujours pas été pris en compte par l’équipe dirigeante du Conseil départemental. Nous avions tous insisté sur la nécessité absolue, Mme la Vice-Présidente, de prendre le temps d’échanger sur les questions qui touchent aux compétences du Conseil départemental, en convoquant des CDEN spécifiques. Mme la Préfète avait compris nos demandes lors de la dernière séance et s’y était déclarée favorable. Le CDEN, rappelons-le, est la seule instance où le Conseil départemental peut consulter les représentants des personnels titulaires de l’État, les représentants des usagers et les représentants des collectivités territoriales. Leur désignation résulte d’un processus démocratique. Force est de constater que cette instance n’est pour l’instant pas prise au sérieux, puisque vous nous imposez des ordres du jour à rallonge, où les questions relevant de votre compétence ne sont pas examinées de façon approfondie, faute de documents précis et diffusés dans des délais raisonnables. Est-ce votre conception de la démocratie et du rôle que doivent y jouer les « corps intermédiaires » tels que les organisations syndicales ou les associations de parents d’élèves ? Pour notre part, nous nous efforçons de toujours rester jusqu’au bout des séances, parfois jusqu’à 23h. Nous aimerions que cet effort soit partagé.

En ce qui concerne le point mis à l’ordre du jour sur les « propositions de dotation de fonctionnement des collèges 2017 », nous constatons précisément qu’aucun chiffre n’est proposé dans les documents reçus avant le présent CDEN. Nous ne savons pas, par exemple, si vous envisagez comme l’an dernier de diminuer le montant des dotations pour les activités pédagogiques. Rien n’indique quelles seront les modalités d’attribution des subventions allouées aux collèges du département. Dans ces conditions, nous demandons à ce que ce point soit retiré de l’ordre du jour, pour être évoqué dans un CDEN ultérieur qui lui soit spécifiquement consacré.

Enfin, il nous paraît souhaitable, Mme la Préfète, que le règlement intérieur du CDEN de l’Essonne soit de nouveau porté à la connaissance générale de ses membres."

Pour information, la vice-présidente du Conseil départemental s’est engagée à convoquer un nouveau CDEN pour aborder la question des dotations de fonctionnement attribuées aux 100 collèges du département...


Déclaration FSU91 au CDEN 26 09 2016









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