FSU Essonne

1er degré, Essonne : dès la rentrée, on déchante !

mardi 26 septembre 2017 par Webmestre

Trois semaines après la rentrée, nous n’en pouvons déjà plus de la communication ministérielle !

Première idée de génie : la rentrée en musique.
C’est effectivement la période où les équipes n’ont rien d’autre à faire que d’improviser une chorale ou de rechercher des intervenants. La DGESCO n’a ensuite rien de plus urgent et de plus pressé que d’adresser un questionnaire aux écoles pour savoir si on a bien obéi !

On poursuit en ressortant les épouvantails du grenier pédagogique à savoir la méthode globale de lecture, quasiment jamais enseignée, et les mathématiques modernes qui datent d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. Quel est le rapport avec les difficultés d’enseignement actuelles ? S’y ajoute l’annonce de la maîtrise des quatre opérations en CP-CE1, rappel d’antédiluviennes instructions officielles, et encore…

On continue avec les évaluations CP. Ni les enseignant-es, ni le SNUipp-FSU ne s’opposent aux évaluations, qu’elles soient diagnostiques ou sommatives. Encore faut-il que ces dernières répondent aux besoins et aux choix pédagogiques des professionnels que nous sommes. Celles qui nous ont été proposées, au contenu, à la forme et au calendrier inadaptés, ont suscité tellement de critiques que le ministère est bien obligé de faire marche arrière et nous laisse liberté de les adapter. Cependant, le maintien de transmission des résultats aux IEN est encore plus incompréhensible qu’auparavant. C’est pourquoi le SNUipp-FSU propose aux enseignant-es de conserver les résultats des évaluations à l’école et de faire remonter aux inspections les demandes de moyens nécessaires pour répondre aux besoins de remédiation issus de leur analyse.

Pour autant, les dangers de la fameuse « culture de l’évaluation » mise en avant par Jean-Michel Blanquer ne sont pas écartés. Il entend ainsi revoir sa copie pour proposer un nouveau protocole l’année prochaine. Ce pilotage hiérarchique, fondé sur des évaluations soi-disant scientifiques, est en passe d’être abandonné partout où il était en place depuis des années. Petit à petit, là où ce pilotage est pratiqué, une pédagogie de bachotage s’est mise en place, privilégiant les notions et compétences qui sont évaluées au détriment des autres éléments de programme qui ne le sont pas. Appauvrissement des contenus pour des performances pas même améliorées, le « lire, compter, écrire et respecter autrui » de notre ministre en sera-t-il la traduction ?

Monsieur Blanquer nous parle de confiance mais ce sont bien des paroles et des actes de défiance qu’il nous envoie. Plutôt, que de se référer à une école passée idéalisée et mythifiée qui n’existe que dans les affirmations infondées les plus réactionnaires, il pourrait mesurer l’impact du manque d’enseignant-es dans les Rased qu’il a lui-même décimés, l’impact des effectifs de classe les plus chargés des pays de l’OCDE sur les apprentissages, l’impact du sous-investissement chronique de la nation dans le premier degré. Ce serait plus important que de décompter les chorales des écoles de France.

Par ailleurs, avec l’annonce de la suppression de 120 000 contrats aidés, c’est un plan social d’une ampleur et d’une violence inouïes qui se met en place. Il ne laisse aux personnes concernées que le retour au chômage comme perspective.
Avec plus de 23 000 suppressions à l’Éducation Nationale, les conditions de travail des élèves comme des enseignant-es vont s’aggraver. L’inclusion des élèves, déjà souvent compliquée, ne va pas en être améliorée. Cela interroge fortement sur le respect de la loi de 2005 sur le handicap.

Pour la FSU et le SNUipp-FSU, les besoins d’accompagnement et d’aide administrative sont réels. Ils nécessiteraient la création d’emplois publics pérennes, avec des personnels correctement formés et rétribués.

L’école de la République pourrait faire mieux son travail et les élèves d’aujourd’hui devenir les futur-es citoyen-ne-s de demain, si elle n’était pas soumise aux lubies rétrogrades d’un ministre qui n’entend que les sirènes qui visent à la détruire au plus profond de ses missions républicaines de transmission culturelle, de formation à l’égalité de tous et toutes, de recherche sérieuse sur l’intégration des apprentissages, avec des moyens répondant aux besoins et aux ambitions affichées, pour que Liberté, Égalité et Fraternité deviennent enfin réalité !

Pour faire bref, Monsieur le Ministre, arrêtez les coups de com’ et laissez-nous travailler !

Pour joindre le SNUipp-FSU 91 :
Téléphone : 01 60 77 97 70
E-mail : snu91@snuipp.fr
Sur Twitter : @91Snuipp
Le site du SNUipp-FSU 91 : http://91.snuipp.fr/










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